De - 200 à 70
-200 à 0
Le judaïsme de l'époque du Second Temple est parcouru de multiples courants religieux qui peuvent se combattre violemment et dont la division est souvent considérée comme une des causes de la chute du Second Temple.
Quatre grands courants du judaïsme antique de l'ancienne Judée.
Les Sadducéens, les pharisiens, les esséniens et les zélotes.
On parle aussi des Hassidéens, des hommes pieux qui ont été parmi les premiers à se rallier à Judas Maccabée pour libérer le Temple.
Le monde juif est partagé entre Sadducéens et Pharisiens.
Les Sadducéens :
Ils affirment la primauté du Pentateuque et de ses lois, aux dépens des enseignements ultérieurs et de toute mystique.
Ils se recrutent dans l'aristocratie sacerdotale, et sont en opposition totale avec les pharisiens et les esséniens.
Ils sont décimés par les zélotes et les sicaires lors de la Première Guerre judéo-romaine.
Ils se distinguaient aussi des pharisiens sur la question de la résurrection des morts.
Les Pharisiens :
Ils prennent en compte la Torah mais aussi les autres livres de la Bible et les enseignements des sages.
Ils croient à l'immortalité de l'âme.
Ils vont donner naissance au judaïsme rabbinique.
Ils constituent un groupe religieux et politique de Juifs fervents, en réponse à l'hellénisation voulue par les autorités d'alors.
Initiateur de la Torah orale, préfigurant le rabbinisme, ce courant s'inscrit dans le judaïsme du Second Temple, dont il influence l'évolution.
Les Hassidéens :
Intègres et pieux étaient un groupe de Juifs qui commença à jouer un rôle important dans la vie politique au cours de la révolte des Maccabées, bien qu'il ait existé avant.
Les livres des Maccabées les mentionnent trois fois.
Les Esséniens :
Pour Flavius Josèphe, les esséniens sont la « troisième secte » de la société juive de Palestine, avec les pharisiens et les sadducéens.
Il les décrit comme des communautés d'ascètes, volontairement pauvres, pratiquant l'immersion quotidienne et l'abstinence des plaisirs du monde.
Les Zélotes :
Les Zélotes incitent le peuple de la province de Judée à se rebeller contre l'Empire romain et l'expulser par la force des armes.
Ils ont joué un rôle de tout premier plan pendant la Grande révolte juive (66-70) qui a abouti à la destruction du Temple de Jérusalem.
Pin?as est considéré comme le premier zélote car la Bible dit qu'il s'est montré "jaloux" pour la gloire divine.
En outrepassant la loi, Tu ne tueras point, il réaffirme le caractère sacré de la loi de Moïse dîtes, mosaïque et, de fait, réinstalle le principe religieux comme moteur de l'action humaine.
L'épisode de Pin?as constitue la principale légitimation théologique de l'activisme zélote.
La figure de Pin?as le Zélé qui avait été utilisée notamment par les Macchabées (Mattathias et ses fils) lors de leur révolte contre les Judéens hellénistes et leurs alliés séleucides est reprise par les zélotes à des fins idéologiques.
Les zélotes voient dans les relations avec les Grecs une source de souillure.
Les Zélotes partagent la doctrine de certains Pharisiens, mais ils divergent sur la façon de se libérer de l'occupation étrangère.
Un des fondements de leur idéologie est de protéger l'alliance avec le Dieu d'Israël.
Le zèle pour la Torah doit permettre d'assurer le respect de l'alliance conclue au Sinaï.
-167
Révolte des Maccabées
Hanukkah
Les Hasmonéens sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de la révolte des Maccabées.
Mattathias meurt un an après le déclenchement de la révolte.
Son fils Judas Maccabée, qui n'est pas l'aîné, lui succède.
Il parvient à s'emparer de Jérusalem et rétablit le culte juif au Temple en déc. -164.
La révolte éclate à l'instigation du prêtre Mattathias, dirigeant politico-religieux juif, et fondateur de la dynastie des Hasmonéens.
Relayé après sa mort par ses fils, Simon et Judas dit Maccabée, le chef militaire.
En 164, ils pénètrent dans Jérusalem, purifient le Temple et le ré-inaugurent.
Ils instituent alors la fête de Hanoucca
21 novembre -164
Le royaume de Judée devient indépendant
Au cours de la révolte des Maccabées, Judas Maccabée reprend Jérusalem et consacre à nouveau le Second Temple, commémoré depuis comme fête juive de Hanoucca.
Dimanche 22 janvier -163
28 Chevat 3597
Le roi Antiochus V a levé le siège de Jérusalem.
Ce jour a été chômé les années suivantes.
Antiochus V n'avait que neuf ans lorsqu'il devint chef de la dynastie séleucide, à la suite de la mort de son père Antiochus IV Épiphane, l'oppresseur des juifs qui provoqua la révolte des Maccabées.
Mardi 21 février -163
28 Adar 3597
Deux ans après le miracle de 'Hanoucca, le roi syrien Antiochus V accorda la liberté religieuse et l'autonomie politique aux Juifs d'Israël.
Cela a inversé un décret antérieur de son père, le roi Antiochus IV, interdisant l'étude de la Torah, l'observance du Shabbat et la circoncision.
Cet événement a été commémoré pendant de nombreux siècles comme une fête juive.
-160
Aristobule de Panéas est un chroniqueur et philosophe juif qui vivait à Alexandrie sous le règne de Ptolémée Philométor.
Philosophe juif s'inspirant de Platon, il a essayé de concilier la tradition juive et la pensée grecque.
02 décembre -165
25 Kislev 3596
Révolte hasmonéenne contre la domination grecque
Les Maccabées ont vaincu l'armée grecque et consacré à nouveau le Saint Temple à Jérusalem.
Ils rentrent dans le temple, le purifie et instaure la fête de ´Hanoucca.
Ne trouvant qu'un seul pot d'huile pure, ils ont allumé la Ménorah, qui a miraculeusement brûlé pendant huit jours.
Ce jour-là également, 1100 ans plus tôt, Moïse et le peuple juif ont achevé la construction du Tabernacle, le sanctuaire portable qui les a accompagnés pendant 40 ans d'errance dans le désert.
Le Tabernacle ne fut pas dédié, cependant, pendant encore trois mois.
La tradition dit que le jour de Kislev 25 fut alors «compensé» des siècles plus tard, lorsque le miracle de Hanoucca se produisit et que le Temple fut à nouveau consacré.
Aujourd'hui, les Juifs du monde entier allument une Ménorah de Hanoucca, pour commémorer le miracle de l'huile.
-142
Fin de la domination grecque, qui aura duré 200 ans.
-140
Fin de la révolte des Maccabés contre Antiochos IV, roi grec de la dynastie des Séleucides. Celle-ci est officiellement commémorée, lors de la fête de Hanoucca, comme la victoire du judaïsme.
-134
Règne sur la Judée de Jean Hyrcan Ier, dit Hyrcanus, jusqu'à sa mort en 104 av. J.-C.
Il est le deuxième fils de Simon Maccabée et grand prêtre du Temple de Jérusalem.
-112 à 9
Hillel l'ancien dit Hazaquen, dernier président du Sanhédrin de l’époque des Zougot.
Natif de Babylone, il se rend à Jérusalem, et y devient la figure intellectuelle dominante sous le règne d’Hérode, fondant une école d’interprétation pragmatique de la loi juive ainsi qu’une dynastie de patriarches qui assurera l’autorité spirituelle sur la Judée jusqu’au IVe siècle.
La tradition rabbinique le compare à plusieurs reprises à Ezra et Moïse, et c’est selon l’opinion de son école, Beit Hillel (Maison de Hillel), qu’a été fixée la loi dans la plupart des cas.
Il meurt en 9 à Jérusalem
14 novembre -109
25 Hechvan 3652
Les Hasmonéens, dirigés par John Hyrcanus, neveu de Juda le Maccabée, ont conquis la Samarie, la capitale de la secte samarienne.
Cette conquête a été importante car elle a mis fin à quelques 800 ans d'influence samarienne en Israël.
Les Samariens étaient un mouvement schismatique, composé en grande partie de non-juifs qui pratiquaient certaines traditions juives.
La conquête a peut-être encore polarisé les Juifs en deux partis distincts:
1) les pharisiens (séparés) parce qu'ils cherchaient à maintenir la séparation de la culture juive des influences grecques de l'hellénisation, et
2) les sadducéens, juifs qui ont embrassé la culture grecque.
-66 à -63
Première révolte juive contre Rome.
-63
Le consul de Rome et gendre de Jules César, Pompée dit Pompée le grand, envahit Jérusalem et impose aux juifs, un tribut.
C'est l'élément fondateur de la Diaspora vers l'occident.
Il profane le Temple, sans toutefois le piller. Douze mille Juifs périssent dans les combats et de nombreux prisonniers sont envoyés à Rome. Ils sont à l'origine de la communauté juive italienne, la plus ancienne d'Occident. Pompée établit alors la domination romaine pour près de 7 siècles, jusqu'à la conquête arabe.
-63
Pompée conquiert Jérusalem et profane le Temple, sans toutefois le piller.
Douze mille Juifs périssent dans les combats et de nombreux prisonniers sont envoyés à Rome.
Ils sont à l'origine de la communauté juive italienne, la plus ancienne d'Occident.
Pompée établit alors la domination romaine pour près de 7 siècles, jusqu'à la conquête arabe.
-54
Crassus s'empare du trésor du Temple de Jérusalem, que Pompée n'avait pas touché.
Selon Flavius Josèphe, il récupère un total de 10 000 Talents ainsi qu'une poutre d'or que le sacrificateur Eléazar lui avait remise à condition de promettre par serment non respecté de laisser les anciennes tapisseries qui ornaient le sanctuaire.
27 septembre -52 Contexte historique
Vercingétorix se rend à César devant Alésia
Vercingétorix, jeune chef gaulois, se rend à Jules César.
Sa reddition met fin au siège de l'oppidum d'Alésia par les Romains et à la résistance gauloise.
Après la terrible guerre des Gaules, qui a sévi près de sept ans, l'ensemble des peuples établis entre le Rhin et les Pyrénées passe sous la rude domination de Rome.
Ce faisant, ils évitent une invasion par les peuples germains, plus pressants que jamais sur la rive droite du Rhin.
Défaite à Alesia et intégration de la Gaulle à l’Empire Romain
-50 à 500
Antiquité
-50
Naissance de Shammaï et mort en 30.
Contemporain d'Hillel, et comme lui, une figure majeure de la Mishna.
-47
Naissance de Rabban Yohanan ben Zakkaï, père des fondations du judaïsme rabbinique.
01 janvier -45
Naissance du calendrier julien
15 mars -44 Contexte historique
Jules César est assassiné, le jour des Ides de mars, sous le «portique de Pompée», où s'est réuni le Sénat romain.
Parmi ses assassins figure Brutus.
Le dictateur meurt à 55 ans.
En cinq courtes années, nantis de tous les pouvoirs, Brutus a réussi à moderniser l'administration de l'empire romain.
Aussi son souvenir va-t-il rester gravé jusqu'à nos jours dans la mémoire des hommes.
Issu de l'illustre famille Julia, il a mené une vie dissipée de jeune dandy avant de révéler son génie.
Les assassins songent à jeter le cadavre dans le Tibre mais le peuple, qui garde un excellent souvenir de César et de sa générosité, se révolte.
Il exige que, selon la tradition, son corps soit incinéré en place publique.
C'est ce qui est fait le 20 mars.
-40
Antigone prend le contrôle de Jérusalem et remet Hyrcan II aux Parthes.
Mais Hérode se déplace à Rome, obtient le support du Sénat contrôlé par Octave et Marc Antoine qui le proclament roi des Juifs.
-37
La guerre reprend entre les deux rois de Judée, Antigone et Hérode
Hérode bénéficie de l'assistance des légions romaines et met le siège devant Jérusalem qui est prise au bout d'un siège de quelques mois.
Antoine fait décapiter Antigone à Antioche et Hérode peut régner sans partage.
-20
Hérode agrandit et restaure le Second Temple, dont les travaux finiront en 63 soit 7 ans seulement avant sa destruction et dont il reste encore le Mur occidental, le Kotel.
-15
L’empereur Auguste, crée les trois Gaules.
Lyon devient la capitale
-4
Hérode Archélaos, gouverneur romain, et fils aîné d'Hérode le grand, gouverne la Judée et Samarie devenue province romaine, dans les frontières du royaume d'Hérode.
1er Siècle
1er Siècle
Dans l'empire romain, le christianisme est volontiers assimilé à une secte juive.
6
Première preuve d’une présence juive en France
La première preuve d'une présence juive en France concerne un individu isolé, accompagné de quelques serviteurs. Il s’appelait Archelaus, l'ethnarque de Judée, il fut banni par Auguste en l'an 6 de notre ère à Vienne (dans le département de l'Isère), où il mourut en 16
07 avril 30
Crucifixion de Jésus-Christ
Jésus-Christ aurait été crucifié à Jérusalem, à l'âge de 37 ans, d'après les calculs des historiens modernes, plus précis que le moine Denys le Petit qui, au VIe siècle, établit la naissance du Christ en l'an 753 de la fondation de Rome, soit cinq ans trop tard.
Les Évangiles nous disent en effet qu'il est mort une veille de sabbat, donc un vendredi, et que ce jour était aussi celui de la « préparation » de la Pâque juive, donc le 14 du mois de Nissan dans le calendrier hébraïque.
Ces deux éléments coïncident en l'an 30 de notre ère, le 07 avril
37 à 44
Hérode Agrippa Ier règne sur la Judée.
37 - 100
Le monde juif a son historien, Flavius Josèphe, une des sources principales pour l'histoire de cette période, qui vécut la guerre des Juifs contre les Romains de Vespasien et de Titus d'abord en tant que général juif puis en tant que prisonnier passé aux Romains.
Dans ses textes, comme Antiquités judaïques et la Guerre des Juifs, tous deux écrits en araméen et en grec, outre la volonté de se justifier, il s'efforce de faire comprendre le point de vue juif aux Romains parmi lesquels il passe la fin de sa vie.
Août 38
Premières traces de violence anti juives dans l’histoire
Émeutes antijuives à Alexandrie en Égypte
Hérode Agrippa Ier est de passage à Alexandrie.
Il est acclamé par les Juifs qui voient dans son ascension des espoirs de renouveau national juif.
Ils décident de donner une fête en son honneur.
Pour les Grecs et les Égyptiens d’Alexandrie, au contraire, l’entrain montré devant Agrippa démontre le manque de loyalisme des Juifs à l’égard de Rome.
Ils s’assemblent dans l’amphithéâtre de la ville et organisent une parodie du « roi des Juifs » dans laquelle ils mettent en scène Agrippa dans les traits d’un idiot.
Peu après, les païens exigent de placer des statues de l'empereur Caligula dans les proseuques (maisons de prières, synagogues).
Ils soumettent une pétition à Flaccus, gouverneur d'Égypte.
Flaccus promulgue une ordonnance à laquelle les Juifs refusent de se soumettre.
Plusieurs membres du conseil dirigeant la communauté juive d’Alexandrie furent alors publiquement fustigés par le gouverneur.
Ce fut le signal de déclenchement d’une émeute au cours de laquelle 400 maisons juives furent pillées et les proseuques détruits ou souillés.
45
Décès de Philon d'Alexandrie ou Philon le juif
Philosophe juif hellénisé qui est né à Alexandrie vers 20 av. J.-C.
Contemporain des débuts de l’ère chrétienne, il vit à Alexandrie, qui est alors le grand centre intellectuel de la Méditerranée.
La ville compte une forte communauté juive dont Philon qui en est un des représentants auprès des autorités romaines.
Son œuvre abondante est principalement apologétique, entendant à démontrer la parfaite adéquation entre la foi juive et la philosophie hellénique.
Philon interprète la Bible à travers la philosophie grecque principalement à l'aide de Platon et des stoïciens
Ses goûts le poussent plus vers Platon.
Philon partageait l'opinion de la majeure partie des juifs d'Alexandrie, qui étaient convaincus de la supériorité de la civilisation grecque.
Alexandrie devient vite un centre intellectuel de première importance dans les domaines de la science et de la philosophie, tandis que la littérature est un peu laissée de côté.
Les Juifs, que les Romains considèrent comme plus proches des Égyptiens que des Grecs, sont contraints de payer l'impôt de la laographica, obligation qu'ils jugent dégradant.
48
Décès d'Apion, le premier anti juif connu.
Grammairien et sophiste grec d'Alexandrie, connu pour sa haine amère des Juifs.
Rhéteur grec, propagandiste à Alexandrie, contre qui Josephus Flavius a écrit son Contra Apionem.
Né dans la Grande Oasis d'Egypte entre 20 et 30 avant JC, mort probablement à Rome entre 45 et 48.
Il a étudié la rhétorique et est devenu principal de l'école homérique d'Alexandrie, donnant des conférences sur son l'interprétation d'Homère et dans de nombreux endroits en Grèce, qu'il visita pour cela.
Apion était un écrivain volumineux, mais peu de ses écrits ont été conservés.
C'était aussi un orateur magnétique qui savait faire appel à l'imagination du peuple.
Il offrait la promesse d'une glorieuse immortalité à quiconque à qui il inscrirait une de ses œuvres.
Il séjourne à Rome pendant le règne de Tibère et l'a visité à l'époque de Caligula et Claude.
A Rome ses méthodes charlatanes n'ont pas réussi à impressionner favorablement le peuple.
Dans les cercles savants, Apion était considéré comme un charlatan, fileur de phrases grandiloquentes et bavard.
Pline l'Ancien l'appelait famae propriae tympanum ("un auto-trompettiste"), et Tibère le surnomma le "tambour du monde".
Sa vanité et sa passion pour la popularité l'ont amené à introduire dans ses commentaires des innovations singulières ou bizarres et des théories tout à fait infondées.
Ses gloses à Homère étaient dans cette catégorie, les excès d'imagination qu'elles affichent comparant défavorablement à l'école critique traditionnelle d'Alexandrie.
A Alexandrie, sous Caligula, il eut l'occasion d'utiliser sa connaissance superficielle, et a utilisé à la fois la langue et la plume pour faire appel aux préjugés de la population, et attisé assidûment la flamme de la discorde pendant le conflit qui a éclaté entre les Juifs à Alexandrie, sur le décret impérial de Caligula pour que son image soit érigée et vénérée.
Ses concitoyens le nommèrent à la tête de la délégation auprès de l'empereur Caligula en l'an 40 pour présenter l'accusation formelle de déloyauté contre les juifs d'Alexandrie.
C'était une conclusion d'avance qu'il vaincrait Philon le juif, le philosophe et le chef de la délégation juive.
Apion a écrit une Histoire de l'Égypte en cinq volumes qui était du même cachet et comprenait apparemment une section sur les Juifs.
C'est très probablement cette section qui est désignée par les écrivains chrétiens comme son œuvre Contre les Juifs.
Apion y a détaillé de nombreuses absurdités sur le peuple juif, le judaïsme et le Temple de Jérusalem, principalement extraites des œuvres d'auteurs antisémites antérieurs mais avec ses propres ajouts.
Contra Apionem de Josephus Flavius montre qu'Apion a repris l'idée que les Juifs ont été expulsés d'Égypte parce qu'ils étaient lépreux, de l'historien égyptien Manetho.
(Manéthon était un historien gréco-égyptien, originaire de Sebennytos, en Égypte, il a été prêtre à Héliopolis.
Parfaitement versé dans les traditions égyptiennes, il fut également associé à la politique religieuse de la dynastie ptolémaïque, en particulier avec l'introduction du culte de Sérapis. Il fut le premier Égyptien à raconter l'histoire de son pays en grec.) Source: Encyclopaedia Judaïca Vol.13 p.467 (Manetho)
Les principes du judaïsme obligeaient les juifs, selon Apion, à haïr le reste de l'humanité.
Une fois par an, affirme-t-il, ils ont saisi un non-juif, l'ont assassiné et ont goûté ses entrailles, jurant pendant le repas de haïr la nation dont la victime était membre.
Dans le Saint des Saints du Temple de Jérusalem, il y avait une tête d'âne d'or que les Juifs adoraient, une variante de la fabrication selon laquelle le roi syrien Antiochus Épiphane y avait trouvé la statue d'un homme chevauchant un âne.
En faisant ces déclarations, Apion n'était pas inspiré par le type de curiosité intellectuelle qui animait d'autres ethnographes hellénistiques, comme Hécatée d'Abdère, qui notait indistinctement tout ce qu'il pouvait recueillir.
La méthode d'Apion était de donner de la publicité à toutes les histoires désobligeantes qu'il pouvait trouver sur les Juifs et d'en ajouter quelques-unes de sa propre imagination.
Ceux-ci, il les a utilisés pour mener une propagande anti-juive à Alexandrie.
Au cours d'une flambée de violence anti-juive dans la ville pendant le poste de gouverneur de Flaccus, lorsque la communauté juive a été forcée de se battre pour ses droits et même son existence, Apion était évidemment l'un des principaux fauteurs de troubles et le plus populaire auprès de la mafia alexandrine.
Il a essayé de montrer que les Juifs étaient des étrangers et n'avaient pas le droit de se considérer comme des citoyens qu'ils étaient un élément dangereux et avaient toujours agi au détriment des Égyptiens.
Lorsque les Juifs d'Alexandrie envoyèrent une délégation à l'empereur Caligula, dirigée par Philon, Apion rejoignit la délégation adverse.
Il attaquera les juifs, du point de vue d'un Égyptien.
Il rapporte l'histoire calomnieuse racontée par Manéthon, selon laquelle le peuple juif chassé d'Égypte, une horde de lépreux, aveugles et boiteux.
Il prétend avoir entendu des anciens hommes d'Egypte que Moïse était de la ville d'Héliopolis, la ville du soleil, et c'est pourquoi il a appris à son peuple à offrir des prières vers le soleil levant.
Pour rendre compte de l'origine du shabbat, il raconte une histoire courante parmi les gens de l'époque et inventée par lui, comme suit :
« Lorsque les 110 000 lépreux chassés, voyagèrent pendant six jours, ils ont développé des bubons dans leurs aines, et ainsi ils se sont reposés le septième jour pour leur récupération.
Le nom de cette maladie étant Sabbo en langue égyptienne, ils appelèrent alors ce jour de repos le Shabbat. »
Apion attaque ensuite les Juifs du point de vue d'un Alexandrin.
Il demande comment ces Juifs, venus de Syrie, ont pu revendiquer le nom et le titre de citoyens d'Alexandrie, et il leur reproche de ne pas adorer les mêmes dieux que les Egyptiens, et notamment de ne pas ériger d'images d'empereurs alors que tous les autres le faisaient.
Mais comme la pire de toutes les calomnies, il impute à la foi juive l'accusation de sacrifice humain, accusation qui, malgré une meilleure connaissance du fait, a si souvent été répétée.
Il raconte l'histoire suivante :
« Antiochus trouva dans le Temple un lit et un homme couché dessus, avec une petite table devant lui chargée de friandises, parmi les poissons de la mer et les oiseaux de la terre, l'homme, à qui on demanda par le roi la raison de sa présence là, lui dit au milieu des sanglots et des larmes qu'il était un Grec, qui avait voyagé à travers le pays pour gagner sa vie, quand il fut soudainement saisi et amené au Temple, et là enfermé et engraissé de ces friandises devant lui.
S'émerveillant de ces choses, il apprit après enquête que, selon une loi des juifs, ils s'arrangent chaque année à un certain moment pour capturer un étranger grec, l'engraisser, puis l'amener dans une certaine forêt, où ils le tuent avec des rites religieux; puis, goûtant ses entrailles, ils prêtent serment sur le sacrifice d'être en inimitié éternelle avec les Grecs, et ensuite jettent la carcasse dans une fosse.
Apion souligne le fait que les juifs ne sont jamais les dirigeants d'autres nations, mais toujours des sujets.
C'est pourquoi leur propre ville, Jérusalem, avait souvent subi le siège et le malheur. »
Alors que Rome était toujours destinée à les gouverner.
Sa stratégie antijuive était composée en trois parties.
Premièrement, le dénigrement des juifs, deuxièmement, dénoncer leur manque de patriotisme et loyauté et troisièmement, déformations malveillantes de leur foi, de leurs croyances et de leurs rites religieux, accusations issues de vieilles légendes païennes.
Même s'il est supposé qu'il n'a pas joué un rôle majeur dans ces négociations (Philon et les sources papyrologiques ne mentionnant qu'Isidore et Lampon), il ne fait aucun doute qu'Apion a joué un rôle de premier plan dans la diffusion de la propagande anti-juive et dans l'agitation, sinon Josephus Flavius ne l’aurait ne pas traiter aussi longuement dans son Contra Apionem.
(Josephus Flavius Historien juif et l'un des principaux représentants de la littérature judéo-hellénistique.
Dans Contre Apion ou, sur l'Antiquité des juifs, le titre original de l'ouvrage, qui se compose de deux parties, Josephus Flavius s'en prend à divers antisémites et cherche à réfuter leurs accusations avec des arguments logiques et avec une dérision mordante.
L'œuvre révèle une compétence littéraire exceptionnelle et une grande force de persuasion.
La première partie, une longue série d'extraits d'œuvres disparues, notamment de Manetho, est particulièrement importante car c'est le seul enregistrement de tout un corpus de littérature qui, autrement, aurait été complétement inconnu.
Cette partie constitue une défense négative des Juifs, c'est-à-dire qu'elle se propose de réfuter les affirmations des antisémites.
Le but de la défense positive dans la deuxième partie était de révéler la valeur intrinsèque du judaïsme et sa supériorité éthique sur l'hellénisme.
Dans cette partie en particulier Josephus Flavius apparaît comme un juif complètement engagé envers son peuple et sa religion.
Ici, le vrai Josephus est révélé, non pas celui qui a agi traîtreusement envers ses camarades pour sauver sa vie, mais celui qui combat le combat de son peuple et souffre avec eux.) Source: Encyclopaedia Judaïca Vol.11 p.440 (Josephus Flavius-Against Apion)
Apion mourut à Rome, souffrant, comme le raconte Josephus Flavius, d'une vilaine maladie, à laquelle, pour y remédier, dû recourir vainement à la circoncision, opération dont il s'était si souvent moqué dans ses écrits.
Note personnelle :
On peut conclure qu'Apion, écrivain raté, assoiffé de reconnaissance et de vanité, a utilisé la haine des juifs pour y parvenir en inventant les pires calomnies.
« Toute ressemblance avec des personnes ou des événements existants ou ayants existé n’est pas une pure coïncidence ».
C’est l’un des meilleurs exemples qui prouve qu’il faut lutter contre la haine des juifs par la connaissance si l’on ne veut laisser ce vide comblé par des propagandistes.
50
Décès de Philon le juif à Alexandrie en Egypte
Aussi connu sous le nom de Philo Judaeus
Né en -20.
Exégète juif et philosophe d'une importance exceptionnelle pour l'hellénisme juif et le christianisme primitif.
On sait peu de choses sur les détails de sa vie personnelle.
Sa formation juive semble provenir du fait qu'il a grandi dans un foyer juif traditionnel, mais n'incluait apparemment pas la connaissance de la langue hébraïque.
De naissance un Hellène, membre de l'une de ces colonies, organisées après les conquêtes d'Alexandre le Grand, qui étaient dominées par la langue et la culture grecques.
Il est clair, cependant, qu'il appartenait à une famille alexandrine extrêmement riche et distinguée ayant des liens avec la dynastie hérodienne et la cour romaine.
Son frère était le haut fonctionnaire et banquier Alexandre, connu par Josèphe, et son neveu, le fils d'Alexandre, était Tiberius Julius Alexander.
Les érudits ont souligné très tôt des ressemblances avec Platon, mais il y a aussi des expressions et des phrases tirées d'Aristote.
Il a une large connaissance des travaux des philosophes grecs, auxquels il s'est consacré, en raison d'eux sa véritable érudition, comme il le dit lui-même.
Bien qu'il connaisse l'hébreu, il lisait l'Ancien Testament principalement dans la traduction grecque, n'estimant pas nécessaire d'utiliser le texte hébreu parce qu'il avait la fausse impression que le grec lui correspondait mieux.
L'influence du stoïcisme est incontestable dans la doctrine de Dieu comme seule cause efficiente, dans celle de la raison divine immanente au monde, dans celle des puissances émanant de Dieu et imprégnant le monde.
Son récit de la Création est presque identique à celui de Platon.
Comme Platon, il place l'activité créatrice ainsi que l'acte de création hors du temps, sur le terrain platonicien que le temps ne commence qu'avec le monde.
Son éthique et ses allégories sont basées sur l'éthique et les allégories stoïciennes.
Bien qu'en tant que philosophe Philon doive être classé parmi les éclectiques, il n'était donc pas simplement un compilateur.
Il fit de sa philosophie le moyen de défendre et de justifier les vérités religieuses juives.
La philosophie n'était qu'une aide à la vérité et un moyen d'y parvenir.
Dans ce but, Philon a choisi parmi les principes philosophiques des Grecs, refusant ceux qui ne s'harmonisent pas avec la religion juive, comme, par exemple, la doctrine aristotélicienne de l'éternité et de l'indestructibilité du monde.
Le seul événement qui puisse être déterminé chronologiquement est sa participation à l'ambassade que les juifs d'Alexandrie envoyèrent auprès de l'empereur Caligula à Rome dans le but de demander protection contre les attaques des Grecs d'Alexandrie. Cela s'est passé en l'an 40.
Philon dirigea une délégation de la communauté juive d'Alexandrie auprès de l'empereur romain Gaius Caligula, afin d'améliorer la situation des juifs après l'explosion de violence dans la ville.
De plus, Philon visita une fois Jérusalem, offrant un sacrifice dans le Temple.
Philon a inclus dans sa philosophie à la fois la sagesse grecque et la religion hébraïque, qu'il a cherché à fusionner et à harmoniser au moyen de l'art de l'allégorie qu'il avait appris des stoïciens.
Son travail n'a pas été accepté par le judaïsme contemporain.
Philon fut d'autant plus accueilli avec enthousiasme par les premiers chrétiens, dont certains voyaient en lui un chrétien.
Ses œuvres sont principalement des commentaires sur le Pentateuque.
L'idée originale de Philon, est que l'histoire de l'homme primordial est ici considérée comme un symbole du développement religieux et moral de l'âme humaine.
Philon a écrit un ouvrage sur Moïse et ses Lois.
La Création est, selon Philon, la base de la législation mosaïque, qui est en parfaite harmonie avec la nature.
Sa connaissance de la Halakha n'était pas profonde.
Philon fonde ses doctrines sur l'Ancien Testament, qu'il considère comme la source et la norme non seulement de la vérité religieuse mais en général de toute vérité.
Bien qu'il distingue entre les paroles prononcées par Dieu lui-même, comme le Décalogue, et les édits de Moïse, comme les lois spéciales, il ne fait pas cette distinction, puisqu'il croit en général que tout dans la Torah est d'origine divine, même les lettres et les accents.
L'enseignement de Philon n'était pas juif, mais était dérivé de la philosophie grecque.
Désireux d'en faire une doctrine juive, il appliqua le mode stoïcien d'interprétation allégorique à l'Ancien Testament.
Philon, qui était un juif pieux, ne pouvait accepter la conception non juive et païenne du monde et l'attitude irréligieuse qui aurait été la conséquence logique de son propre système.
Ainsi il accepta la doctrine stoïcienne de l'immanence de Dieu, ce qui le conduisit à des déclarations opposées à celles qu'il avait faites auparavant.
Alors qu'il avait d'abord placé Dieu entièrement en dehors du monde, il le considérait maintenant comme le seul Être réel dans celui-ci.
La conception de Philon de la matière à partir de laquelle le monde a été créé est entièrement non biblique et non juive; il est ici tout à fait solidaire de Platon et des stoïciens.
Selon lui, Dieu ne crée pas l'étoffe du monde, mais la trouve à portée de main.
Dieu ne peut pas le créer, car dans sa nature il résiste à tout contact avec le divin.
L’interprétation donnée dans l'Exode R. XXVI-1, que Moïse a été appelé du même nom que l'eau, est certainement tiré de Philon, qui dit ("Vita Mosis") que Moïse a reçu son nom parce qu'il a été trouvé dans l'eau, et le mot égyptien pour l'eau est "mos".
Les œuvres de Philon, qu'il a écrites en grec, montrent une familiarité intime avec la culture et l'éducation hellénistiques.
Vivre au carrefour des cultures à Alexandrie, juste avant le judaïsme rabbinique a émergé et le christianisme est devenu phénomène visible, Philo est hautement significatif pour diverses raisons.
Au départ, il a fait une déclaration claire sur l'identité juive au milieu d'une métropole multiculturelle, indiquant des modèles de négociation du judaïsme avec la culture générale.
De plus, l'exégèse biblique de Philon était extrêmement riche et diversifiée sur le plan méthodologique, offrant un aperçu inestimable de l'état de l'interprétation de la Bible juive avant que l'exégèse rabbinique ne devienne normative.
Sa philosophie est intrinsèquement liée à son exégèse, s'étant développée principalement dans le contexte de l'interprétation des Écritures.
Philon s'est engagé dans la discussion contemporaine, offrant une approche originale qui est devenue particulièrement pertinente pour les penseurs chrétiens ultérieurs.
Ses rapports de témoins oculaires des événements sous Tibère et Caligula, ainsi que ses descriptions des Esséniens et des Thérapeutes, sont des sources d'informations précieuses et à bien des égards exclusives.
Les deux premiers offrent une perspective juive particulière de la province de l'Empire romain, qui complète les rapports de Josephus Flavius ????de la capitale.
Enfin, les déclarations de Philon sur les femmes sont cruciales pour une bonne compréhension de l'histoire des questions de genre.
On a souvent supposé que les juifs hellénistiques étaient confrontés avec un dilemme existentiel d'avoir à choisir entre deux cultures diamétralement opposées.
Le monothéisme juif, engagement envers un peuple spécifique, un code juridique et révélé.
Les Écritures, d'une part, et le rationalisme grec, le sens de la beauté et l'individualisme universel, d'autre part.
Cette image est de plus en plus contestée.
Il est devenu clair que les anciens juifs vivant à Alexandrie n'ont peut-être pas ressenti une telle dichotomie.
Au lieu de cela, ils semblent avoir été fiers à la fois de leur patrimoine et leur participation à la culture générale.
Ils ont modernisé de manière créative leur Écriture et leur tradition, en choisissant de la diversité du milieu hellénistique quel que soit paraissait convenable.
Philon a exprimé sa fierté de la tradition mosaïque en affirmant que c'est la meilleure constitution.
Les lois particulières du judaïsme, comme l'observance du sabbat et la réglementation alimentaire casher, reflètent à son avis la loi naturelle.
Personne ne cherchait à vivre une vie rationnelle en accord avec la Nature et accepter la Torah.
Les juifs sont ainsi placés au sommet d'une hiérarchie des cultures.
Viennent ensuite les Grecs dont la culture et la philosophie que Philon apprécie profondément.
Ses nombreuses références au sport et au théâtre suggèrent qu'il participé à ces activités.
Il connaissait d'ailleurs les écrits homériques, platoniciens, aristotéliciens, stoïciens et pythagoriciens.
Ceux-ci, cependant, n'étaient pas considérés comme des alternatives, défiant sa propre tradition, mais plutôt comme l'expression d'idées apparentées à la plus haute vérité que Moïse avait reconnue.
Des stoïciens Philo a dit explicitement qu'ils ont copié certaines idées de la Torah.
Le Timée de Platon a été cité dans son interprétation de la Genèse comme si elle appartenait naturellement à l'herméneutique effort juif.
50
Construction du Pont du Gard
Aqueduc conduisant l’eau d’Uzès à Nîmes
13 octobre 54
Néron accède au trône de l'Empire romain.
08 juin 65
Les Juifs se révoltent contre Rome, s'emparant de la forteresse d'Antonia à Jérusalem.
66
Les Romains sont venus soumettre Israël.
Tout en étant tolérants sur le plan religieux, ils étaient heurtés par le refus des Judéens d'accepter dans leur Temple toute statue de leur « divin empereur ».
Une grande révolte se déclara, et la Judée fut écrasée par les armées de Titus.
Le Temple, qui avait été construit sur les bases du Temple de Salomon, sera détruit en 70.
66 à 73
Première révolte des juifs contre les romains, entraînant le siège de Jérusalem et la destruction du Temple en 70.
Première des trois guerres judéo-romaine
Première guerre judéo-romaine, aussi appelée la Grande Révolte.
Première des trois révoltes des Juifs de la province de Judée contre l’Empire romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe.
Elle commença à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs.
Elle s'acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d'Hérode en 70 et les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).
Créant de facto le Kotel, seul mur ayant résisté à la destruction.
Victoire romaine
En 67, le général Flavius Vespasien est envoyé par Néron avec trois légions.
Un shabbat, en l'an 66, à Césarée, un homme sacrifie des oiseaux à l'entrée de la synagogue, ce qui provoque la colère des Juifs.
S'ensuit des batailles de rue entre Juifs et païens.
Ce qui entraîne une réaction en chaîne de révoltes et de représailles.
Vespasien cesse les opérations militaires à l'annonce de la mort de Néron le 9 juin 68.
La Judée est pratiquement soumise aux Romains.
Vespasien, choisi comme empereur par les légions de l’Est, laisse son fils Titus achever de la soumettre.
Selon Heinrich Graetz, c'est 24 000 hommes que les Juifs peuvent opposer aux Romains, mais ils appartiennent à des factions antagonistes et obéissent à de multiples chefs qui se sont entre-tués dans une féroce guerre civile.
Le butin tiré du pillage de Jérusalem et de son temple fut présenté au peuple romain à l'occasion du triomphe de Vespasien et Titus et représenté sur l’arc de triomphe de ce dernier.
La destruction du Second Temple marque la fin de l'État hébreu à l'époque ancienne.
Les combats, et surtout la victoire romaine entraînèrent des déplacements de populations.
Déclenchant ainsi la diaspora des juifs à travers le monde.
Selon Flavius ??Josèphe, de nombreux Juifs furent faits prisonniers, réduits en esclavage et déportés vers Rome.
Désormais, Vespasien soumet tous les Juifs de l'empire à un impôt spécial, le Fiscus judaicus.
Lors de la deuxième révolte, les juifs seront interdits en Judée.
Mardi 18 octobre 67
Les soldats romains ont capturé Gamla, une forteresse dans la région israélienne du Golan, et ont tué tous ses habitants.
L'historien Joseph Flavius, un chef de file de la révolte juive contre Rome, a fortifié Gamla en tant que bastion principal en 66 de notre ère.
Les Romains ont tenté de prendre la ville au moyen d'une rampe de siège, mais ont été refoulés par les défenseurs; ce n'est qu'à la seconde tentative qu'ils réussirent à pénétrer dans les fortifications et à conquérir la ville.
Des milliers d'habitants ont été massacrés, tandis que d'autres ont choisi de sauter vers la mort du haut de la falaise.
L'emplacement de l'ancienne Gamla a été découvert lors de fouilles archéologiques au cours des années 1970.
Les vestiges ont été préservés en tant que parc national.
21 juin 68
Le général romain Vespasien conquiert Jéricho pendant la grande révolte juive.
69
Vespasien donne à Yohanan ben Zakkai l'autorisation d'établir un centre d'étude juif à Yavneh, qui deviendra la plaque tournante du judaïsme rabbinique.
70
De mars à septembre 70
Siège de Jérusalem
25 mai 70
Titus franchit le premier rempart
30 mai 70
Titus franchit le second rempart
Lors du siège de Jérusalem, les troupes de Titus s'emparent du second rempart, et de la ville neuve jusqu'au pied de la forteresse Antonia.
04 août 70 (9 av 3830)
Destruction du Second Temple
10 août 70
Le Second Temple de Jérusalem est incendié par l'armée romaine sous Titus lors de la prise de la ville.
08 septembre 70
Les soldats romains pénètrent à l'intérieur du Temple de Jérusalem, le mettent à sac et le détruisent.
C'est l'acte final de la première guerre juive, occasionnée par la révolte des Zélotes.
Ces juifs ne supportaient plus la tutelle romaine et la connivence du Grand Sanhédrin (le tribunal religieux) avec l'occupant.
La répression est conduite par le général Vespasien puis, celui-ci étant devenu empereur, par son fils Titus qui mène à son terme le siège de Jérusalem.
Jérusalem, capitale de l'ancien royaume de Judée, est mise à sac par l'armée romaine, après un siège atroce de deux ans.
Un roi cruel
Profitant des divisions entre les juifs, le général romain Pompée a conquis la Samarie et la Judée en 63 av. J.-C.
Un protégé des Romains, Hérode, en profite pour liquider la dynastie des Asmonéens et devenir roi de Judée (ou pays des Juifs) en l'an 37 av. J.-C.
De cet homme célèbre pour sa cruauté et son absence de scrupules, l'empereur romain Auguste aurait dit : «Mieux vaut être le porc d'Hérode que son fils»...
Hérode a en effet lui-même tué certains de ses enfants mais, pratiquant la religion juive, il ne lui est jamais arrivé de consommer du porc.
C'est à la fin du règne d'Hérode le Grand que naît Jésus-Christ à Bethléem, au sud de Jérusalem.
À la veille de sa mort, en l'an 4 av. J.-C., le roi de Judée partage son royaume entre trois de ses fils.
Mais sa dynastie s'arrête là.
En l'an 6 de notre ère, l'empereur Auguste transforme la Judée en une province romaine gouvernée par un simple procurateur.
Première guerre juive
Décontenancés par les croyances monothéistes des habitants, les Romains laissent ceux-ci libres de s'organiser comme ils l'entendent sous l'autorité de leur Tribunal religieux, le Sanhédrin.
Mais les Juifs ne manquent pas de se quereller et de se diviser sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'occupant.
Les grands prêtres et le parti des Pharisiens s'accommodent de l'occupation étrangère tandis que dans les milieux populaires, la secte des Zélotes appelle à la résistance et veut hâter la réalisation des promesses divines.
Les Zélotes déclenchent une violente révolte en août 66.
Ils massacrent les grands prêtres et s'emparent de Jérusalem.
Mais les Romains, sous la direction du général Vespasien, mènent la reconquête avec détermination.
Vespasien étant devenu empereur, c'est à son fils Titus qu'il revient d'achever le siège de Jérusalem.
Il ne s'agit pas d'une mince affaire car la population de la ville s'élève déjà à cette époque à environ 80 000 habitants.
Les habitants sont déportés comme esclaves cependant que le Temple, haut lieu de la religion juive, est complétement détruit (à l'exception d''une partie de l'esplanade et d'un pan du mur d'enceinte, le Mur Ouest, futur «Mur des Lamentations»).
Le vainqueur, Titus, rentre à Rome où il reçoit un magnifique triomphe.
Un arc est bâti en souvenir de ce triomphe à l'entrée des forums romains.
Ses bas-reliefs relatent les exploits des Romains en Judée et notamment le pillage des trésors du Temple, en particulier un fameux chandelier sacré à sept branches, la Ménorah (ce chandelier disparaît en 455 suite au pillage de Rome par les Vandales de Genséric).
La destruction de Jérusalem et du Temple ne met cependant pas fin à la première guerre juive.
Au-dessus de la Mer Morte, la forteresse de Massada continue de résister sous la direction d'un chef zélote, Eléazar.
25 septembre 70
Destruction du Second Temple lors de la première guerre judéo-romaine par Titus.
Seul le mur occidental, le Kotel, survie. Conséquence de la première guerre judéo-romaine.
Fin de la période du second Temple.
La chute de Jérusalem marque la fin de 4 ans de guerre et le début de la deuxième diaspora.
La destruction du Deuxième Temple et la fin des sacrifices et du sacerdoce a marqué une étape cruciale dans la constitution du « judaïsme » tel qu'on le connaît aujourd'hui, avec une pratique du culte public non sacrificiel mais centrée sur le Livre culte synagogal.
70
Des Juifs et leurs familles expulsés de Jérusalem prise par les romains se réfugient à Massada.
Pendant les trois années suivantes, ils utilisèrent Massada comme base pour se défendre contre les Romains.
70
Destruction du Second Temple de Jérusalem
Le foyer de la vie spirituelle juive se transporte vers le nord et Tibériade devient la capitale d'Israël et le centre des études rabbiniques.
Mais le souvenir de Jérusalem et du Temple est toujours au centre du culte juif. La prière journalière du matin souhaite la reconstruction de Jérusalem et les Juifs l’évoquent lors de quelques événements solennels. Deux jeûnes commémorent la chute du Temple : le jeûne du 17 Tammouz, la première brèche dans les remparts de Jérusalem et celui du 9 av, le jour le plus triste du judaïsme, est institué en souvenir des destructions des deux Temples. La cérémonie du Seder de Pâque comporte un œuf dur, nourriture de deuil qui rappelle le Temple de Jérusalem et se termine par le souhait « l'année prochaine à Jérusalem ». Et lors d’un mariage le jeune marié brise un verre à la fin de la cérémonie, en souvenir de la perte du Temple que chaque juif doit se rappeler, même dans les moments de joie.