1536 Les origines juives du chocolat français
Les origines juives du chocolat français
Suite à l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492 et à l'introduction de l'Inquisition au Portugal en 1536, certains Juifs ont fui vers la ville française de Bayonne, proche de la frontière hispano-française.
Là, ils utilisèrent leurs contacts avec les commerçants juifs du Nouveau Monde pour importer des matériaux et un savoir-faire pour transformer le cacao, un produit du Nouveau Monde qui commençait à peine à prendre d'assaut l'Europe.
Les Juifs de Bayonne ont adapté les recettes de cacao aux goûts européens, créant des versions sucrées du chocolat et utilisant des additifs comme le lait, le beurre et les noix.
Les juifs ont fait de la région de Bayonne un centre de chocolat, mais leur succès même les a détruits.
Une fois que les chrétiens locaux ont appris à fabriquer du chocolat, ils ont demandé aux autorités locales d'interdire aux juifs l'industrie du chocolat.
En 1661, les chocolatiers de Bayonne se liguent en corporation et travaillent la divine fève à la pierre, se déplaçant chez les clients pour le fabriquer sur commande.
Les Juifs n'ont été autorisés à reprendre la fabrication du chocolat qu'en 1767 lorsqu'un tribunal a annulé le décret.
Découverte dans les colonies d’Amérique latine par les conquistadors.
Réputé pour ses vertus aphrodisiaques et reconstituantes, le cacao se buvait alors en breuvage chaud additionné d’épices.
Pour contourner l’interdiction de l’importer d’Espagne, les juifs bayonnais du quartier Saint-Pierre (que l’on nommait « la nation portugaise ») les font directement venir d’Amérique du Sud.
En 2013, la ville de Bayonne a officiellement reconnu la contribution des juifs aux célèbres chocolats de la région.
Et pour réparer le tort historique d'avoir négligé le fait que ce sont les réfugiés juifs qui ont créé les confiseries au chocolat sucré telles que nous les connaissons aujourd'hui.
Jean-Michel Barate, maître chocolatier de la maison Daranatz et président de l'Académie du chocolat a déclaré :
« Puisque nous sommes les héritiers du savoir-faire des juifs, il était de notre devoir de les remercier… Nous voulons rendre hommage aux Juifs portugais qui, fuyant l'Inquisition, au XVIe siècle, arrivèrent à Bayonne en amenant avec eux leur savoir-faire d'artisans chocolatiers ».