19 septembre 1635 La Martinique est devenue française
La Martinique est devenue française
Pierre Belain d'Esnambuc a pris possession de l'île au nom du roi Louis XIII.
La colonisation française de la Martinique a commencé.
La France prend possession de l'île de Martinique
Île des Antilles, constituant aujourd'hui une colonie française.
Au début du XVIIe siècle, un certain nombre de juifs hollandais s'installèrent à la Martinique et dans les îles voisines, et étaient dans une situation très prospère lorsque la France prit possession de l'île en 1635.
Mais en 1658, les jésuites, jaloux de la suprématie commerciale des juifs, incitent le conseil souverain de la Martinique à publier un édit interdisant le commerce juif dans les îles. Cependant, à la demande des autorités de l'intérieur, le conseil révoqua cette décision, qui menaçait les intérêts de la colonie, et consentit à rendre aux Juifs leurs droits commerciaux.
Cette liberté fut de courte durée.
En 1664, le gouverneur général Tracy fut incité par les jésuites à publier un décret interdisant "aux personnes de la nation juive d'acheter ou de vendre le jour du sabbat et le dimanche sous peine d'une amende de 300 livres de petun, dont un tiers ira à l'église, un tiers aux pauvres et un tiers au dénonciateur."
Les Juifs firent alors appel au nouveau gouverneur, Baas, qui leur rendit le libre exercice des échanges et du commerce.
Leurs ennemis s'adressèrent alors au gouverneur qui, cédant à leurs importunités, interdit en 1669, aux juifs « d'accomplir le samedi toutes les cérémonies relatives à leur foi,... de travailler le dimanche, ou de paraître en public du jeudi saint au dimanche de Pâques. ."
Mais, comme son prédécesseur, Baas s'aperçut bientôt de l'importance du commerce et de l'industrie juive et envoya à Colbert un rapport favorable aux Juifs, demandant pour eux certains privilèges, notamment celui du libre exercice de leur religion.
Colbert plaida si bien la cause des Juifs devant le roi que le 23 mai 1671, Louis XIV décréta que les juifs de la Martinique jouiraient désormais non seulement de la liberté religieuse, mais aussi des mêmes privilèges que les autres habitants.
Du vivant de Colbert, tous les projets hostiles contre les Juifs échouèrent, malgré le puissant soutien que leurs ennemis trouvèrent dans le comte de Blénac, qui avait succédé à Baas comme gouverneur.
Mais à la mort de Colbert, les juifs perdirent leur protecteur, et le gouverneur, cédant aux Jésuites, le 24 septembre 1683, lors d'un voyage en France, obtenu de Louis XIV, un édit bannissant les Juifs de la Martinique.
Cet ordre, évidemment, n'a pas été exécuté immédiatement, puisque deux ans plus tard un nouveau décret a été publié, connu sous le nom de "Code Noir", qui obligeait les Juifs à quitter l'île dans les trois mois.
Aucune exception ne devait être faite, pas même en faveur de Benjamin d'Acosta, qui avait introduit la culture de la canne à sucre dans l'île.
En 1694, six familles juives se rendirent à la Martinique, mais furent aussitôt expulsées.
Dans la première moitié du XVIIIe siècle, certains Juifs obtinrent l'autorisation de vivre dans la colonie.
Des lois ont été adoptées leur accordant un certain degré d'existence légale, et le "Code Noir" a été déclaré ne s'appliquant qu'aux Juifs étrangers.
En 1722, David Gradis de Bordeaux établit un bureau à Saint-Pierre.
En 1764, le comte d'Estaing imposa un impôt aux juifs, alors nombreux en Martinique, les uns y résidant sous la protection des "papiers de naturalisation" et les autres simplement tolérés. Désireux de voir leur position clairement définie, ils font appel à leurs coreligionnaires bordelais, avec lesquels ils sont en relations familiales et commerciales, pour solliciter Louis XVI d'étendre aux juifs coloniaux les privilèges dont jouissaient les juifs de Bordeaux.
En 1776, Jacob Rodrigues Pereire de Bordeaux prit la cause des Juifs de la Martinique, et adressa un éloquent mémoire au ministre Tartine, qui, après avoir enquêté pendant quelques mois, se déclara contre tout changement.
Toutes les tentatives ultérieures faites pour améliorer leur condition ont également échoué et ils ont continué à vivre sous un régime de tolérance jusqu'en 1789, lorsque la Révolution française a supprimé leurs restrictions.
Jérôme Attal