De 476 à 627

De 476 à 627

476

Début du Moyen-Âge

Une juiverie est, au Moyen Âge, un quartier habité par les Juifs.

La juiverie évoque simplement une présence juive, pas nécessairement contrainte.

Au Moyen Âge, l'Église qualifie les juifs de «peuple déicide» et leur reproche d'avoir mis Jésus en croix mais elle ne manifeste aucun désir de les éliminer.

Bien au contraire, elle a le souci de les préserver comme un témoignage vivant de l'injustice faite au Christ.

Les juifs sont ainsi les seuls non-chrétiens tolérés en Occident.

 

481 Contexte historique

Début du règne de Clovis 1er

 

495

Mar-Zutra II obtient sept ans d'indépendance à Mahoza

Mar-Zutra II, exilarque (représentant officiel du puissant judaïsme babylonien auprès des autorités locales.

Il occupait une position honorée, reconnue par l'État, qui s'accompagnait de privilèges et prérogative).

Il établit un État juif indépendant en Babylonie sous le roi perse Kavadh I.

Devenu l'exilarque de la communauté juive de Babylone en 483, alors qu'il n'a que quinze ans.

Après que le roi Kavadh I ait refusé aux Juifs le droit d'organiser leur propre milice, Mar-Zutra a profité de la confusion dans laquelle les tentatives communistes de Mazdak avaient plongé la Perse et a mené une révolte militaire réussie qui a obtenu l'indépendance politique des Juifs de Mahoza.

Il a mené une révolte contre les dirigeants sassanides en 495 et a obtenu sept ans d'indépendance politique à Mahoza.

Aujourd'hui Al-Mada'in en Irak.

L'État juif n'a duré que sept ans, jusqu'en 502, lorsque Kavadh a finalement vaincu Mar-Zutra et l'a puni par la crucifixion sur le pont de Mahoza.

Un fils lui est né le jour de sa mort, Mar-Zutra III.

Ce dernier n'atteignit pas la charge d'Exilarque, mais retourna en Terre d'Israël, où il devint chef de l'Académie de Tibériade, sous le titre de "Rosh Pirka".

 

496

Baptême de Clovis

 

6ème Siècle

Les Juifs d'Arabie aux VIe et VIIe siècles sont si profondément intégrés économiquement, ethniquement et géographiquement dans la culture locale qu'ils sont considérés comme des Arabes. On pouvait être juif tout en étant arabe et bédouin.

Nazareth est la dernière ville à majorité juive.

 

6ème Siècle

A Paris, la première mention de la présence des Juifs ne remonte qu’au VIe siècle, par l’historien et évêque Grégoire de Tours. Chronique de Grégoire de Tours, son Histoire des Francs de 587

Ce dernier raconte l’histoire du juif Priscus de Paris, que le roi Chilpéric voulait convertir au catholicisme.

Priscus refusait et avait finalement été assassiné en 582.

L’histoire écrite des Juifs à Paris commence donc par un meurtre.

 

6ème siècle

Des Juifs ont été trouvés à Marseille, Narbonne, Arles, Uzès, Clermont-Ferrand, Orléans, Paris et Bordeaux.

Ces lieux étaient généralement des centres d'administrations romaines, situés sur les grandes routes commerciales, et là les Juifs possédaient des synagogues.

Les Juifs étaient principalement des marchands, marchands d'esclaves, percepteurs, marins, et médecins.

Les juifs restèrent sous le droit romain jusqu'au triomphe du christianisme, avec le statut établi par l'empereur, Caracalla, (empereur romain, qui régna de 211 jusqu'à sa mort en 217 sous le nom de Marcus Aurelius Severus Antoninus Augustus), sur un pied d'égalité avec leurs concitoyens.

 

500

Le Talmud Babylonien est codifié.

 

500

Après avoir conquis l'Italie en 493, le roi d'Ostrogoth, Théodoric, promulgue un édit protégeant les Juifs et leur garantissant le droit de décider des litiges civils et de la liberté de culte.

 

501

Un tremblement de terre frappe Israël, détruisant partiellement Acre et causant des dégâts aussi à l'est que Jérusalem.

 

506

Concile d'Agde

Le concile s'est tenu à l'église Saint-André de la ville d’Agde.

Les Juifs sont mentionnés dans le Canon 40 promulgué par le Conseil d'Agde en France tenu par l'église.

Le concile veut aussi statuer sur les Juifs pour « empêcher ceux-ci de contaminer les chrétiens », tel est le mot d'ordre de l'Église au VIe siècle.

Il détermina les conditions d'admission des Juifs au baptême.

Après délibérations de cette assemblée, il semble que certains juifs oscillaient entre les deux religions.

Une fois baptisés, ils pratiquaient plus ou moins ouvertement la religion ancestrale.

Le Concile d'Agde décida en conséquence d'imposer un délai d'attente:

« Les Juifs qui veulent se rallier à la foi catholique doivent, à l'exemple des catéchumènes, se tenir pendant huit mois sur le seuil de l'église; si, au bout de ce temps, leur foi est reconnue sincère, ils obtiendront la grâce du baptême.

Mais si, dans l'intervalle, ils se trouvent en danger de mort, ils pourront être baptisés avant le terme prescrit ».

Ce même concile défendit aux chrétiens de manger avec les Juifs :

« Tout chrétien, clerc ou laïc, doit s'abstenir de prendre part aux banquets des Juifs ; ces derniers ne mangeant pas des mêmes aliments que les chrétiens, il est indigne et sacrilège que les chrétiens touchent à leur nourriture.

Les mets que nous prenons avec la permission de l'apôtre sont jugés immondes par les Juifs.

Un chrétien se montre donc l'inférieur d'un Juif s'il s'assujettit à manger des plats que ce dernier lui présente et si, d'autre part, le Juif repousse avec mépris la nourriture en usage »

Déjà édictée par le Concile de Vannes, cette interdiction fut visiblement peu respectée puisque d'autres conciles la renouvelèrent à plusieurs reprises. (Épône, 517 ; Orléans, 538 et Mâcon, 581).

D'après des sources historiques, les évêques eux-mêmes n'obéissaient pas à ces prescriptions.

Par ailleurs, nombreux étaient ceux qui entretenaient des rapports chaleureux avec les Juifs comme en atteste ce témoignage à propos de Cautinus, évêque de Clermont entre 551 et 571 :

« Avec les Juifs à l'influence desquels il se soumettait, il était en termes familiers, non pour leur conversion, ce qui, en bon pasteur, eut dû être son souci, mais pour leur acheter des objets précieux.

On le flattait facilement et ils lui prodiguaient une grossière adulation.

Ils lui vendaient alors les choses à un prix plus élevé que leur valeur réelle »

Au milieu du XIIIe siècle, les Juifs s'étaient installés de façon permanente à Agde sous la juridiction de l'évêque.

La majorité d'entre eux est devenue redevable de la couronne en 1278.

Les Juifs d'Agde ont enterré leurs morts dans le cimetière de Béziers tout proche.

Après l'expulsion générale des Juifs du Royaume de France en 1306, une partie de la communauté d'Agde a trouvé refuge à Perpignan et Carpentras, et pas sous la souveraineté française.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, environ 2 000 réfugiés juifs d'Autriche et d'Allemagne ont été envoyés dans un camp de travaux forcés près d’Agde.

La plupart d'entre eux furent déportés le 24 août 1942.

 

507 Contexte historique

Victoire de Clovis sur les wisigoths

 

508

A Arles en France, la première référence documentée aux Juifs de la ville raconte que la défense d'une partie du mur leur a été confiée lors d'un siège.

Selon une légende juive, l'un des trois navires sans gouvernail transportant des exilés juifs est arrivé à Arles après la destruction du Second Temple.

Source: Encyclopaedia Judaïca Vol.2 p.471

 

511

Révolte de Mar-Zutra II

Mar-Zutra II était un exilarque juif de la communauté juive de Babylone qui mena une révolte contre les dirigeants sasaniens en 495 de notre ère et obtint une indépendance politique de sept ans à Mahoza. (Ville Babylonienne sur le Tigre)

Après que le roi Kavadh I eut refusé aux Juifs le droit de constituer leur propre milice, Mar-Zutra profita de la confusion dans laquelle les tentatives communistes de Mazdak avaient plongé la Perse et mené une révolte militaire réussie qui avait abouti à l'indépendance politique des Juifs de Mahoza.

L'État juif a duré sept ans, jusqu'en 502 de notre ère, lorsque Kavadh a finalement vaincu Mar-Zutra et l'a puni d'une crucifixion sur le pont de Mahoza.

Un fils lui est né le jour de sa mort et s'appellerait Mar-Zutra III.

Ce dernier n’a pas accédé à la fonction d’Exilarque, mais est retourné en Terre d’Israël, où il est devenu chef de l’Académie de Tibériade, sous le titre de "Resh Pirka".

Après la mort de son successeur, Mar Ahunai, n'a pas osé comparaître en public pendant près de trente ans après la défaite de Mar-Zutra.

On ignore s'il a véritablement agi en tant qu'Exilarque après le règne de Kavadh, qui s'est terminé en 531 de notre ère.

 

511 Contexte historique

Début du règne de Clodomir

 

27 novembre 511 Contexte historique

Mort de Clovis

 

14 mai – 15 mai 516

Insurrection contre les Juifs de Clermont.

La synagogue est détruite.

 

17 septembre 517

Le concile d'Epaone interdit aux chrétiens de prendre part aux banquets juifs.

Ce fut le premier concile vraiment hostile aux juifs.

Le XVème canon dont l'évêque de Vienne en fut l’auteur, mais aussi le principal rédacteur des quarante et un canons, interdit aux laïcs de prendre leurs repas avec les juifs et, pour montrer jusqu’où devait aller leur horreur et leur rejet, il défend aux clercs de manger avec un laïc qui se serait souillé en mangeant à la table d'un juif.

 

01 août 527

L'empereur Justinien 1er, ou Justinien le Grand, succède à son oncle, l'empereur Justin 1er.

Il a une tolérance limitée envers les juifs présents sur le territoire impérial.

Pour autant, progressivement, il durcit sa législation et tend à les considérer de la même manière que les hérétiques.

Sans perdre leur liberté de culte, elle est sérieusement réduite et une partie de la communauté juive n'hésite pas à s'opposer à l'empereur, participant même à la révolte des Samaritains en 529.

(Les Samaritains, sont des juifs qui ont une pratique est fondée uniquement sur le Pentateuque samaritain, mais fait entièrement partie du judaïsme.

Cependant, contrairement à celui-ci, ils ne prennent pas en compte la tradition orale devenue le Talmud.

Bien qu'ils soient apparus avant le développement du judaïsme rabbinique, et que cette différence ne soit donc pas à l'origine de leur divergence, ils n'ont pas de rabbins et n'acceptent pas le Talmud du judaïsme orthodoxe.

Les Samaritains refusent également les livres de la Bible hébraïque postérieurs au Pentateuque.)

Ces derniers sont plus visés encore par la politique religieuse de Justinien, ce qui explique leur soulèvement.

En effet, une loi de 528 prescrit la destruction de leurs synagogues.

Cependant, la révolte est réprimée dans le sang, avec près de 20 000 morts et débouche sur une législation encore plus restrictive puisque les Samaritains ne peuvent quasiment plus détenir de biens et encore moins hériter.

Un autre soulèvement en 555 est lui aussi écrasé.

À l'encontre des Samaritains, la politique impériale s'apparente à une volonté d'anéantissement de cette minorité religieuse

 

528

Justinien Ier (01 août 527-15 novembre 565), ordonne la destruction des synagogues.

 

532

L'empereur byzantin Justinien 1er ou Justinien le grand (01 août 527-15 novembre 565).

Empereur romain d'Orient ayant régné de 527 jusqu'à sa mort.

Il est l'une des principales figures de l'Antiquité tardive.

Considéré comme le plus grand empereur de l'histoire de l'Empire byzantin ou encore comme le dernier grand empereur romain, avant que l'Empire romain d'Orient ne commence à se différencier de l'Empire romain.

Il interdit aux juifs de célébrer pâques avant les Pâques chrétiennes, de dire le "chema Israël" et interdit aux Juifs de témoigner contre des chrétiens.

Il est le premier à condamner la Torah orale.

L'empereur Justinien interdit aux Juifs de témoigner contre des chrétiens, et décrète que le témoignage des juifs ne sera valable que dans les cas juifs.

Aussi il interdit de célébrer Pessah’ avant les Pâques chrétiennes.

Selon Heinrich Graetz, la seule ville où les Juifs soient encore majoritaires est Nazareth.

La situation des Juifs s'aggrave au fur et à mesure que progresse le christianisme en Palestine.

 

533, 538, 541

Conciles d'Orléans

Le concile d'Orléans de 538 interdit aux Juifs de se mêler aux chrétiens du jeudi saint au deuxième samedi qui suit Pâques.

Tout mariage avec un Juif ou une Juive a été prohibé.

Le deuxième concile d'Orléans interdit tout mariage entre juifs et chrétiens.

Les chrétiens qui n'accepteraient pas de dissoudre de telles unions devaient être excommuniés.

 

533
Première expulsion des juifs de France
Childebert un fils de Clovis, roi de Paris et d’Orléans puis de Bourgogne prend contre les Juifs refusant de se convertir au christianisme un arrêté d'expulsion.

Les mariages mixtes avec des Juifs avaient déjà été interdits sous peine d’excommunication.

 

08 novembre 535

Concile de Clermont

Comme les conciles d'Orléans, l'Église interdit aux Juifs de prendre des repas en commun avec des clercs.

Premier concile de Clermont (Concilium Arvernense, Claromontanum) dans la ville auvergnate d'Arvernis, qui prendra au IXe siècle le nom de Clermont et qu'on appelle aujourd'hui Clermont-Ferrand.

L'Église interdit aux juifs de partager des repas avec des chrétiens ou de faire des mariages mixtes, et proscrit la célébration de Chabbath.

Le but étant de limiter l'influence du judaïsme sur la population.

Mais l'Église va plus loin ; elle s'engage dans une politique de conversion forcée.

Le concile de Clermont interdit tout mariage entre juifs et chrétiens.

Les chrétiens qui n'accepteraient pas de dissoudre de telles unions devaient être excommuniés.

 

537

Justinien Ier (01 août 527-15 novembre 565), déclare les Juifs incapables de détenir aucune dignité officielle.

 

538

Troisième Concile d’Orléans

Décrète que « puisque, par la grâce de Dieu, nous vivons sous la domination des rois catholiques », les Juifs ne devraient pas apparaître parmi les chrétiens pendant quatre jours consécutifs après le Vendredi Saint de la Semaine Sainte.

Interdiction qui sera reprise en 581 lors du Concile de Mâcon.

Le concile d’Orléans alerte les fidèles chrétiens contre les « superstitions juives », et d'ordonner aux Juifs de s'abstenir de tout déplacement le dimanche.

Le concile d'Orléans interdit tout mariage entre juifs et chrétiens.

Les chrétiens qui n'accepteraient pas de dissoudre de telles unions devaient être excommuniés.

 

538

Childebert 1er (497-558) fut le premier roi fanatique, et il ratifia les décisions du troisième Concile d'Orléans de 538, concernant la présence des Juifs en public pendant la Semaine Sainte.

555

Childebert 1er, bannit Saint Ferréol, l'évêque d'Uzès, pour avoir eu des relations trop amicales avec les Juifs.

Mais il reviendra après la mort du roi et sera accueilli avec enthousiasme.

Ferréol, évêque d'Uzès, convertit les juifs en vivant avec eux des relations familières.

Après avoir été sévèrement réprimandé pour cela par Childebert, Ferréol a ordonné aux Juifs de son diocèse de se réunir dans l'église Saint-Théodoric, et leur a prêché un sermon de baptême.

Certains Juifs ont abjuré leur foi.

Il interdit aux autres de rester dans la ville, et les expulsa de son diocèse.

 

23 décembre 558 Contexte historique

Début du règne de Clotaire 1er

Roi franc de la dynastie des Mérovingiens, fils de Clovis, roi des Francs.

 

561 Contexte historique

Début du règne de Chilpéric 1er

Roi des Francs, de la dynastie des Mérovingiens.

Petit-fils de Clovis et fils de Clotaire Ier, il est roi de Soissons de 561 à 584.

 

562  Contexte historique

Début du règne de Caribert

Fils de Clotaire Ier et de sa première épouse Ingonde.

 

14 mai 576

A Clermont, Chilpéric 1er, fils de Clotaire, pousse les juifs aux conversions forcées.

Le  jour de l'Ascension, Avitus, évêque de Clermont-Ferrand en France a lancé un ultimatum aux Juifs, ordonnant de se convertir au christianisme ou de quitter Clermont-Ferrand

500 soumis ont été baptisés à la Pentecôte, et ceux qui ont refusé se sont réfugiés à Marseille.

La synagogue a été détruite.

 

581

Concile de Mâcon

Interdictions du troisième concile d'Orléans reprise.

Il est décrété que pendant la Semaine Sainte, les juifs doivent rester chez eux et ne pas se montrer en publique.

Le concile de Mâcon réitère l'interdiction de nommer des Juifs juges, et leur ferme également la fonction de percepteur.

 

582

Décret de Chilpéric 1er

Chilpéric 1er, Roi des Francs (525-584), petit-fils de Clovis, parle latin et possède des notions de grec et d’hébreu, grâce au contact des Juifs de sa cour.

Chilpéric 1er employa comme trésorier ou comme acheteur un juif nommé Priscus, qu'il avait vainement pressé de se faire baptiser, et que, se trouvant une fois à Nogent-sur-Marne, il demanda même à Grégoire de Tours de le convertir.

Seul Priscus osa lui résister.

Enfin, il le jeta en prison « pour l'obliger à croire malgré lui ».

Promettant de l'or au roi, il fut libéré.

Priscus a promis de conclure en temps voulu.

Chilpéric a été influencé par Childebert, premier roi fanatique

Il  interdit aux juifs l'emploi d'esclave chrétien.

Le Roi Chilpéric, décrète une préception (conduite à tenir) royale ordonnant à tous les juifs domiciliés à Paris qu’ils fussent baptisés.

Ce décret se terminait par une formule de l’invention du roi.

« Si quelqu’un méprise notre ordonnance, qu’on le châtie en lui crevant les yeux. »

Le roi se fit une gloire puérile d’assister, en grande pompe, aux cérémonies de leur baptême.

Il conduisit de nombreux Juifs aux fonts baptismaux, mais ils n'étaient pas tous sincères, et beaucoup retournèrent à leur ancienne « perfidie ».

 

Assassinat de Priscus

Dans l'intervalle, une dispute éclata entre Priscus et un certain Phatir, juif converti dont le roi s'était fait le parrain.

Priscus, conseiller du roi Chilpéric Ier, par Pathir, juif devenu chrétien depuis peu.

Regrettant sa conversion forcée et jaloux de Priscus, qui avait réussi à conserver sa judaïté, emplit de haine, Pathir se résolut de tuer Priscus lui tendant une embuscade sur le chemin du retour de la synagogue le jour du Chabbath à la sortie de la synagogue de la rue de la juiverie, qui deviendra la rue de la Cité en 1834.

Pathir doit se réfugier avec ses domestiques dans l'église Saint-Julien-le-Pauvre.

Le roi commanda qu'ils fussent tirés de là par force et qu'on leur fit leur procès.

Plus tard, Pathir sera tué par les parents de Priscus pour le venger.

Le meurtrier fut ensuite tué dans le royaume de Gontran par les parents de Priscus.

Gontran n'était en rien inférieur à Chilpéric en matière de fanatisme.

A l'occasion de son entrée dans la ville d'Orléans en 585, comme les Juifs s'étaient joints à la population pour « chanter ses louanges dans leur propre langue », le roi dit à table :

« Malheur à cette race juive méchante et perfide, Aujourd'hui, ils prodiguaient leurs flagrantes flatteries ; tout le monde, disaient-ils, devrait me révérer comme leur seigneur, et cela seulement pour m'inciter à reconstruire aux frais de l'État leur synagogue que les chrétiens ont détruite il y a longtemps.

Que je ne ferai jamais, car Dieu l'interdit »

 

584 Contexte historique

Début du règne de Clotaire II

Roi de Neustrie de 584 à 613 et roi des Francs de 613 à 629, après la conquête du royaume d'Austrasie et du royaume de Bourgogne.

 

587

Le Roi Récarède 1er d’Espagne a adopté le catholicisme, interdisant aux Juifs la propriété d'esclaves, aux mariages mixtes et aux postes d'autorité.

Il a également déclaré que les enfants de mariages mixtes seraient élevés chrétien.

 

589

Le titre de "gaon", a été donné aux chefs des deux académies babyloniennes.

Celle de Sura et celle de Pumbedita.

Bien qu'il n'ait pas remplacé le titre de "Rosh yeshiva", qui désignait le chef de l'académie, et est resté jusqu'à la fin la désignation officielle de ce poste.

La période des Geonim commence, lorsque Mar Rab ?anan d'Is?iya devint Gaon de Pumbedita.

Le premier gaon de Sura était Mar Rab Mar, qui a pris ses fonctions en 609.

 

Novembre 589

Concile de Narbonne

Au concile tenu dans la Narbonne wisigothique, on interdit aux Juifs de conduire leurs morts en chantant des psaumes.

Ceux qui ont transgressé ce décret ont été contraints de payer une amende au seigneur de la ville.

 

590

Le pape Grégoire le Grand formule la politique papale officielle à l'égard des Juifs, s'opposant au baptême forcé et le tolérant conformément aux règlements du précédent conseil.

 

591

A Arles en France, l'archevêque Virgilius d'Arles a été réprimandé par le pape Grégoire le Grand pour avoir voulu y convertir les Juifs par la force.

 

15 mars 597

Prise de Jérusalem par les babyloniens

 

599

Le pape Grégoire le Grand, réprimanda la reine Brunhilda, Thierry, roi des Bourguignons, et Théodebert, roi d'Austrasie, pour avoir permis aux Juifs de détenir des esclaves chrétiens.

 

7ème Siècle

Introduction au siècle

Naissance de l’islam, d’abord influencé par le judaïsme. 

Mahomet tire ses connaissances sur le judaïsme d'un contact direct avec les juifs de Yathrib (Médine), ville où il avait trouvé refuge après avoir été exilé de la Mecque.

L’autre source d'influence est la conversion du Yémen au judaïsme, de nombreuses générations avant Mahomet. Yathrib et la Mecque, les deux villes qui donneront naissance à l'islam au VIIe siècle, dépendent des rois himyriates entre les IVe et VIe siècles. 

Muhammad incorpora au Coran des récits bibliques, issus des traditions orales juives locales, le Midrash. Sans doute pensait-il pour séduire les juifs. Et les attirer à lui, et adopta des pratiques juives comme se tourner vers Jérusalem pour prier, par exemple.

Le fait que la plupart des Juifs arabes ne se soumirent pas fut un choc pour Mahomet.

 

Depuis le VIIème siècle pour les Juifs le monde est partagé entre chrétiens et musulmans.

Ils s’affrontant sans cesse mais s’entendant très bien sur la détestation des Juifs.

Jusqu'en 1187, le kurde Saladin accueille les rabbins de France et d’Angleterre à Jérusalem.

Les Ottomans n’étaient pas opposés aux Juifs.

 

07ème Siècle

Sous le roi Dagobert (628-639), les Juifs sont sommés de se convertir ou de quitter Paris.

Les Juifs vivent sur l’Île de la Cité.

L’actuelle rue de la Cité portera le nom de rue de la Juiverie, jusqu’en 1834.

 

612

Sisebut, roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 612 à 621.

Il oblige les Juifs à accepter le baptême ou à émigrer.

Dans le domaine religieux, Sisebut, roi «très chrétien», réprima le prosélytisme juif et prescrivit que l'initiateur d'une conversion au judaïsme serait puni de mort.

Il interdit aux Juifs le droit de posséder des esclaves chrétiens et d'exercer une fonction publique.

Sisebut est également le premier roi wisigoth (ainsi que le premier roi en Occident) à inaugurer une politique ouvertement anti-juive, forçant les Juifs de son royaume, nombreux dans les territoires pris aux Romains d'Orient, à se faire baptiser.

90 000 juifs ont été ainsi convertis de force.

Après les avoir spoliés de leurs biens, il expulsa les récalcitrants vers le royaume des Francs et vers l'Afrique du Nord romaine, où ils furent accueillis par l'empereur Héraclius.

 

613 Contexte historique

Début du règne de Sigebert II

 

05 mai 614

Khosro II, empereur perse, (appelé Parviz ou Parwîz (« le Victorieux »), est un empereur sassanide d'Iran ayant régné de 590 à 628), prend Jérusalem avec le soutien des Juifs et rétablit un pouvoir juif sur cette ville, ce qui vaut aux Juifs de l'empire byzantin de nouvelles persécutions.

Les Perses prennent Jérusalem et s'emparent de la Vraie Croix.

Les juifs vont gouverner Jérusalem jusqu’à l’an 617.

 

18 octobre 614

Clotaire II, qui avait été élevé au trône lors d'un congrès de prélats, s'empressa de légaliser, le canon du cinquième concile de Paris du 10 octobre 614 relatif aux Juifs qui interdit aux Juifs de demander ou d'exercer des droits civiques ou administratifs sur les chrétiens, à moins qu'eux et leurs familles n'acceptent le baptême de l'évêque du lieu.

 

620

Bulan, roi ou khan, des khazars.

Le Seigneur lui apparut en songe, lui promettant puissance et gloire.

Bulan est allé par la route de Daralan (Caucase) à Aradavil (Ardebil), la capitale d'Adherbaijan en Arménie, et a remporté de grandes victoires.

L'empereur byzantin et le calife d'Ismaël lui envoyèrent chacun des députations avec de précieux présents et des sages versés en matière religieuse pour le convertir à leurs religions respectives.

Bulan convoqua aussi des sages d'Israël et les examina tous.

Comme les représentants de la religion du Nazaréen et ceux de l'islam se référaient au judaïsme comme fondement de leur foi, Bulan déclara qu'eux, les adversaires du judaïsme, avaient eux-mêmes fait un aveu impartial de l'excellence de la religion juive ; et il l'a donc accepté.

Pour découvrir lequel des trois monothéismes était le meilleur, il invita des représentants de chacune de ces religions pour lui expliquer leurs principes et que, finalement, il choisit le judaïsme.

Il décida alors d'adopter la religion juive.

«Bulan» est un nom turc.

Après sa conversion, il a pris un nom juif.

Sabriel est une variante idiomatique turque de Gabriel.

 

16 juillet 622 –An 4383 du calendrier juif

Naissance de l'Islam

L'Hégire et la fuite de Mahomet à Médine

Une poignée d'hommes s'enfuit de la cité de La Mecque pour la grande oasis voisine.

De cet événement en apparence minime, quelque part dans la péninsule arabe, va surgir une religion à vocation universelle, l'islam.

 

623 Contexte historique

Début du règne de Dagobert 1er

 

624 - 627

Muhammad attaque les tribus arabes juives pour avoir refusé de se convertir à l'islam. Finalement, les tribus arabes du sud seront détruites.

 

11 février 624

Mahomet rompt avec les juifs de Médine

Aux alentours du 11 février 624, le prophète Mahomet rompt avec les tribus juives de Médine en choisissant de prier non plus vers Jérusalem mais vers La Mecque.

Cette rupture va déboucher sur un combat à mort.

Islam et loi juive

Sensible à la théologie juive, le Prophète s'en inspire au commencement dans ses recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc.

Il adopte le calendrier lunaire des juifs, avec des mois réglés sur les cycles de la Lune.

Il fixe le jeûne pendant le mois de Ramadan, qui coïncide avec le début de la révélation coranique mais aussi avec la fête juive de l'expiation.

Et il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière.

Il n'empêche que seule la tribu des Aws s'est ralliée à Mahomet (il est d'ailleurs possible qu'ils aient été arabes et non juifs).

Les trois autres communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi.

Ces juifs reprochent en particulier à Mahomet de détourner le sens des textes bibliques et osent même se moquer de lui.

En février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle :

Elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba, le sanctuaire des idolâtres de La Mecque.

La bataille du puits de Badr

Au printemps 624, à l'approche d'une caravane particulièrement riche en provenance de Syrie, Mahomet décide de l'attaquer.

Mais ses plans sont déjoués par un espion.

Les Mecquois du clan des riches Koraïchites dépêchent une armée au secours de leur caravane.

C'est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des musulmans malgré leur infériorité numérique.

À son retour triomphal de la bataille de Badr, Mahomet ordonne l'exécution de deux prisonniers mecquois qui s'étaient montrés particulièrement virulents à l'égard du Prophète et de ses disciples.

Mahomet remarque par ailleurs que les juifs de Médine se sont tenus à l'écart de la bataille. Son dépit à leur égard n'en devient que plus grand.

C'est ainsi que de nouvelles révélations divines l'amènent à remodeler le calendrier.

Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan, celui durant lequel se déroula la bataille de Badr.

Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent quant à eux assez semblables à ceux des juifs.

Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants.

Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne conduite établi lors de l'arrivée de Mahomet.

Mahomet et les trois tribus juives de Médine

Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres.

Une ou plusieurs musulmanes sont molestées au marché par des juifs de la tribu des Banu-Kainuka.

Échauffourée, meurtres de part et d'autre.

Le chef de la tribu mise en cause refuse de payer l'amende réglementaire aux parents des victimes musulmanes.

La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d'émigrer.

Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors de la fameuse bataille d'Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque.

Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille contre les musulmans.

Tandis que les musulmans poursuivent la guerre contre les Koraïchites de La Mecque, Mahomet s'irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard.

La crise arrive à son terme en 627, après la bataille du fossé qui met une dernière fois aux prises mecquoises et musulmanes de Médine.

Mahomet décide d'en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu'il accuse (ce qui est vrai) d'avoir soutenu les assaillants.

Au terme d'un siège de 25 jours, les juifs sont contraints de se rendre.

Mahomet confie à l'un de ses compagnons, un membre de la tribu des Aws, le soin de les juger.

Ce dernier recommande de mettre à mort les hommes selon l'ancienne loi hébraïque.

Dont acte.

Les musulmans décapitent 600 à 700 hommes juifs et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine.

Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants

 

21 mars 625

Lors de la fameuse bataille d'Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque.

Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille avec les musulmans.

Tandis que les musulmans poursuivent la guerre contre les Koraishites de La Mecque, Mahomet s'irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard.

 

627

L'empereur Héraclius (5 octobre 610-11 février 641), interdit aux juifs d'entrer à Jérusalem et pousse d'autres manières les juifs palestiniens.

Héraclius mène une politique de répression à l'égard de l'importante minorité juive de l'Empire.

Depuis plusieurs décennies, les mesures d'oppression à l'égard des Juifs sont récurrentes.

Justinien en a déjà prises pour réprimer les mouvements de contestation qui s'élèvent parfois, y compris parmi les Samaritains.

Au cours de la guerre byzantino-perse, il apparaît que les Juifs ont souvent accueilli favorablement les Sassanides dans les provinces conquises.

Peut-être ont-ils même gouverné un temps la ville de Jérusalem après sa chute en 614.

Dans tous les cas, quand il reprend le contrôle des régions orientales, Héraclius impose notamment aux Juifs le baptême forcé, tandis que des manifestations locales antisémites sont récurrentes et conduisent parfois à des massacres.

La portée et l'effectivité de l'obligation de baptême continuent de faire débat, mais elles attestent de la volonté d'Héraclius d'uniformiser les convictions religieuses au sein de l'Empire.

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