De 750 à 1090
750
Ere des Gueonim
La période des Gueonim peut être divisée en deux époques, selon la nature des travaux qui nous en sont parvenus.
La première époque, qui s'étend environ jusqu'à 750, et se passe sous le régime des Omeyyades, est définie comme celle pendant laquelle seuls des responsa épars sont rédigés.
Tandis que la seconde, de 750 à 1050, sous la domination abbasside, se caractérise par une relative abondance de livres.
Le judaïsme babylonien bénéficiant indirectement de l'installation de la capitale des Abbassides à Bagdad.
751
Début de l’époque des Carolingiens.
Début du règne de Pépin le bref
Les Juifs disposent d'un statut relativement favorable sous le règne de Charlemagne.
Louis le Pieux (814-833) est fidèle aux principes de son père et accorde une stricte protection aux Juifs en raison de leurs activités de négociants.
27 juillet 754 Contexte historique
Le pape Etienne II sacre Pépin III le Bref, roi des Francs.
Pépin le Bref est le premier souverain occidental à se faire sacrer.
759
Pépin le Bref chasse définitivement les Arabes de la Septimanie, province méridionale du royaume franc, tâche achevée avec la prise de Narbonne.
Il a remercié les Juifs de Narbonne dans sa prise de la ville en leur accordant un quartier dans la cité.
768 Contexte historique
Début du règne de Carloman 1er dit Charlemagne
24 septembre 768
Mort de Pépin le Bref
Pépin III le Bref ne s'est pas contenté comme son père Charles Martel d'assumer les fonctions de maire du palais d'un roi fantoche, lointain descendant de Clovis.
Il s'est fait lui-même sacré roi des Francs à Saint-Denis par le pape en personne.
À sa mort, à 53 ans, le royaume a été partagé entre Carloman (20 ans) et Charles (29 ans) selon la coutume germanique.
Au premier l'Austrasie, au second la Neustrie et l'Aquitaine.
Charles, plus actif que son frère, supporte mal de n'avoir reçu que la part la plus pauvre de ce royaume immense qui s'étend de part et d'autre du Rhin.
De son côté, Carloman refuse à Charles son aide pour soumettre les Aquitains.
Qu'à cela ne tienne, Charles (le futur Charlemagne) règle leur compte aux Aquitains et par la même occasion s'empare de la Gascogne, au sud de la Garonne.
La mort de Carloman, le 04 septembre 771 permet à Charles de mettre la main sur l'ensemble des possessions paternelles, après avoir déshérité les enfants de Carloman.
Il peut régner désormais sans partage sur le royaume
9ème Siècle
Le judaïsme de la terre d'Israël est profondément marqué par le karaïsme, un mouvement juif né en Babylonie, qui a fait sécession avec le judaïsme rabbinique dont il ne reconnaît pas le caractère sacré du Talmud.
Les juifs de Kaifeng arrivent en Chine au début de ce siècle par la route de la soie en venant de Perse et de l’Inde en passant par l’Afghanistan.
Marco Polo lui-même atteste de la présence de juifs en Chine.
Ils vécurent dans l'isolement le plus total, cultivant un judaïsme particulier écarté de l'influence des rabbins d'Occident. Bien que leur histoire soit mal connue, ce judaïsme très spécifique a été une culture riche et vivante pendant au moins un millénaire.
Harun Al Rashid, calife des Abbassides oblige les Juifs de Bagdad à porter un badge jaune et les chrétiens à porter un badge bleu.
814
En France, le fils de Charlemagne, Louis 1er le Pieux dit le débonnaire, Louis le Débonnaire (814-833), succéda à son père comme roi.
Il élargit la politique positive de son père à l'égard des Juifs, en modifiant le "jour de marché" du samedi (samedi) au dimanche.
Fidèle aux principes de son père, accorde une stricte protection aux Juifs, auxquels il accorde une attention particulière en leur qualité de marchands.
Louis le Débonnaire, le langage qu'il emploie à l’égard des juifs est caractéristique, il est soigneusement pesé et exempt de tout fanatisme.
Ces Juifs étant sous la protection du roi, quiconque planifierait ou perpétrerait leur mort devait être puni.
Il était également interdit de les soumettre à l'épreuve de l'eau ou du feu.
820
A Arles en France, «un grand nombre» d'enfants juifs de Lyon, Chalon-sur-Saône, Mâcon et Vienne durent se réfugier chez les juifs d'Arles pour échapper à la conversion forcée.
Les Juifs d'Arles sont accusés par Agobard, archevêque de Lyon, d'avoir vendu des enfants chrétiens enlevés en esclavage.
Une copie hébraïque de l'un de ces documents, mise à la disposition de l'archevêque Raymond, mentionne le premier cimetière juif de Montjuif, dans l'actuel quartier de Griffeville, pour lequel les juifs ont payé annuellement 44 sols à l'archevêque. .
Les documents du XIIe siècle et suivants montrent que les Juifs d'Arles possédaient un bien immobilier.
Le premier savant juif d'Arles connu d'Arles est R. Moses (900).
840 Contexte historique
Début du règne de Charles II le chauve
825
Louis le Pieux, accorde une protection spéciale au Juif Abraham de Saragosse qui le sert fidèlement dans son palais.
Abraham de Saragosse est un marchand juif espagnol qui se vit accorder une charte par Louis le Pieux dit le Débonnaire (778-840) en 825.
La charte concernant Abraham de Saragosse indique qu’il s’est placé lui-même entre les mains de l’empereur et qu’il a prêté serment (in manibus nostris se commendavit, et eum sub sermone, tuitonis nostre recepimus ac retenemus), ce qui relève d'un lien féodal direct.
Un privilège de Louis le Pieux est aussi accordé, vers 825, à David Davitis, à Joseph et à leurs coreligionnaires habitant Lyon.
Ils sont affranchis du tonlieu (En droit féodal, le droit de tonlieu est un impôt prélevé pour l'étalage des marchandises sur les marchés) et autres droits frappant la circulation, et placés sous la protection de l’empereur (sub mundeburdo et defensione).
Ils peuvent vivre selon leur foi, célébrer leurs offices au palais, engager des Chrétiens « ad opera sua facienda », acheter des esclaves étrangers et les vendre dans l’Empire, faire des échanges et trafiquer avec qui il leur plaît, donc au besoin avec l’étranger.
Comme Abraham de Saragosse, ces Juifs sont les hommes de l’empereur.
Rien de pareil ne se rencontre en faveur d’un marchand chrétien.
Il accorde également un privilège la même année à d'autres Juifs habitant Lyon, auxquels il permet de vivre selon leur foi.
20 juin 840
Décès de Louis le Pieux
Louis Ier (le Pieux ; 778-840), roi d'Aquitaine, dès l'âge de trois ans, empereur d'Occident à partir de 814.
Des empereurs carolingiens, Louis était le mieux disposé envers les Juifs.
Il retint à sa cour plusieurs marchands juifs en qualité de « marchands du palais » qui jouissaient de privilèges extrêmement favorables, dont une partie valait sans doute aussi pour tous les Juifs de l'empire.
Ces privilèges garantis à leurs titulaires et à leurs ménages (y compris proches, esclaves et serviteurs) la liberté de mouvement la plus large, le droit d'acquérir et de vendre des biens, et l'exemption d'une variété de péages et impôts frappant les personnes et les marchandises en transit.
Les activités missionnaires des chrétiens parmi les esclaves païens appartenant à ces marchands juifs étaient interdites.
Ils étaient autorisés à employer des chrétiens à condition qu'ils soient libérés du travail les dimanches et jours fériés chrétiens.
Leurs biens immobiliers et mobiliers ont été sauvegardés.
Dans la sphère judiciaire, les détenteurs de ces privilèges étaient exemptés de « question » (torture) et d'ordalie et pouvaient prêter serment selon la coutume juive.
Ces privilèges devinrent plus tard le modèle de plusieurs privilèges accordés par des seigneurs locaux (comme l'évêque Ruediger aux Juifs de Spire) ou par des empereurs allemands (Henri IV aux Juifs de Worms).
Cependant, les conséquences les plus graves pour le statut juridique futur des juifs, en particulier ceux de la France et de l'Allemagne, étaient contenues dans les dispositions des privilèges de Louis, qui plaçaient les Juifs sous la juridiction immédiate de l'empereur.
Celles-ci lui permettaient de bénéficier des amendes et indemnités infligées aux personnes qui blessaient ou tuaient l'un de ces marchands, qui étaient au service du palais ou de l'administration impériale.
La chambre avait été placée sous la protection de l'empereur (Mainbour).
Certains chercheurs ont conclu que c'était là l'origine du principe de « servitude impériale » des Juifs, la servi camerae regis.
Que la plus grande partie des dispositions de ces privilèges bénéficiaient non seulement aux "marchands du palais", mais à l'ensemble de la population juive, cela ressort des efforts d'Agobard, évêque de Lyon, pour les faire abroger lorsque les Juifs de Lyon et d'autres les villes de son diocèse en ont profité.
Louis avait d'ailleurs nommé un fonctionnaire impérial, le Magister Judaeorum, qui était chargé de la protection des Juifs.
Vers 826-828, ce poste est occupé par un certain Evrard.
Avant même de s'attaquer aux privilèges détenus par les Juifs, Agobard s'était déjà, vers 820, confronté à Louis à propos des Juifs, lorsque l'évêque avait tenté de baptiser des enfants juifs à Lyon, Chalon, Mâcon et Vienne.
A l'époque, Louis accordait aux Juifs sa pleine protection.
Sa bonne volonté envers les Juifs ne s'est même pas affaiblie lorsque son propre diacre, Bodo, s'est enfui en Espagne musulmane et a embrassé le judaïsme.
Les textes attribués à tort à Louis, notamment les « faux capitulaires », comportent des textes moins favorables aux Juifs, ainsi que la formule du serment à prêter de manière humiliante ; ce sont des faux appartenant à une période postérieure.
22 juin 843
Traité de Verdun
Conclu en août entre les trois fils survivants de Louis le Pieux, les petits-fils de Charlemagne, qui se partagent ses territoires, l'empire carolingien, en trois royaumes.
17 juin 845
Ouverture du concile de Meaux
Le concile de Meaux, sous Amolon, archevêque de Lyon de 841 à 852 de Lyon, édicte des décrets anti-juifs, s'inscrivant dans la continuité du combat contre la communauté juive de son prédécesseur, l'évêque de Lyon, Agobard.
Il reprend les anciennes dispositions canoniques légiférant contre les Juifs, aussi, ceux de Constantin 1er et de Théodose le Grand.
Il interdit la vente d’esclaves païens aux Juifs et aux païens.
850
Al-Mutawakkil, dixième calife abbasside, ordonne par décret, aux "Peuples du Livre" dhimmis, de porter des mouchoirs jaunes.
Allant jusqu'à exiger que les esclaves de ces dhimmis soient immédiatement identifiables dans les places de marché.
Ces décrets prévoyaient aussi la destruction de toutes les églises et les synagogues construites depuis l'avènement de l'islam.
Il a fait confisquer une maison habitée par des chrétiens ou des juifs sur dix, il était précisé que si le lieu s'y prêtait il devait être transformé en mosquée sinon il devait rester ouvert.
Les autres maisons devaient être identifiées par des images en bois représentant des démons cloués sur la porte.
Ces décrets stipulaient que les tombes des chrétiens et des juifs ne devaient pas dépasser du niveau du sol montrant ainsi qu'elles n'étaient pas celles de musulmans.
Al-Mutawakkil destitua tous les juifs et les chrétiens qui avaient des responsabilités politiques ou administratives.
Il préleva des dîmes sur les maisons des non-musulmans.
Pourtant, sous Al-Mutawakkil (892-902), de nombreux Juifs étaient employés au service de l'État.
868
La Palestine annexée à l'Egypte.
877 Contexte historique
Début du règne de Louis II le bègue, roi des Francs
06 octobre 877
Décès du roi des Francs, dit le Chauve.
Il est l'un des petits fils de Charlemagne.
Atteint d’une pleurésie, il se réfugie à Aussois et meurt des de cette maladie au village de Brios, l’actuel Avrieux, au pied du Mont Cenis.
La rumeur publique accuse rapidement Sédécias (Zédéchias), un de ses médecins juifs, de l'avoir empoisonné, avec la complicité de Richilde, sa seconde épouse.
879 Contexte historique
Début du règne de Carloman II, Louis III, régnèrent conjointement.
884 Contexte historique
Début de règne de Charles II Le Gros Empereur
888 Contexte historique
Début du règne d’Eudes, comte de Paris
888
Le cadi Ahmed ben Tâlib oblige les dhimmis de Kairouan en Tunisie à porter sur l'épaule un morceau d'étoffe de couleur blanche portant l'image d'un singe pour les juifs et celle d'un porc pour les chrétiens.
Ils sont tenus d'accrocher les mêmes images sur leurs portes.
898 Contexte historique
Début de règne de Charles III le Simple
899
Charles III dit "le Simple", roi des Francs carolingiens, confisqua, au profit de l'église de Narbonne, tous les biens détenus par les Juifs et soumis au paiement de la dîme.
10ème Siècle
922 Contexte historique
Début du règne de Robert Ier comte de Paris
29 juin 922 Contexte historique
Robert 1er est sacré roi de la France occidentale à Reims selon un rituel germanique inauguré par Pépin le Bref.
Dans la douleur, l'empire carolingien accouche de la France.
923 Contexte historique
Début du règne de Raoul
931
Mort du roi Salomon
936 Contexte historique
Début du règne de Louis IV d'Outremer
950-1150
“Âge d'or” en Espagne (dynastie islamique des Omeyyades)
954 Contexte historique
Début du règne de Lothaire
986 Contexte historique
Début de règne de Louis V le fainéant
01 juillet 987 Contexte historique
Début du règne d’Hugues Capet qui démarre la dynastie des Capétiens
A Noyon, les grands seigneurs de Francie occidentale offrent la couronne royale au comte de Paris Hugues Capet (47 ans).
Il est sacré deux jours plus tard dans la cathédrale de Reims par l'évêque de Reims, Adalbéron, et devient roi sous le nom d'Hugues 1er.
Deux aïeux d'Hugues 1er, Eudes et Robert 1er, ont déjà régné sur le pays en lieu et place des héritiers de Charlemagne.
Ses descendants vont quant à eux régner sans discontinuer sur la France, sous le nom de Capétiens, jusqu'en 1792.
993
Naissance de Samuel ibn Nagrela, 1er homme d’état juif, vizir du royaume d’al Andalus en Espagne, territoire musulman de la péninsule ibérique.
996 Contexte historique
Devant du règne de Robert II le Pieux
24 octobre 996
Décès du roi Hugues Capet, fondateur de la dynastie capétienne dans son château nommé Judeis (Les Juifs), aujourd’hui disparu, près de Chartres dans la Beauce.
Hugues Capet était mort dans un de ses châteaux nommé Judeis, identifié avec le hameau aujourd'hui disparu « Les Juifs », commune de Prasville en Eure-et-Loir.
Selon Richer de Reims, moine de Saint-Rémi de Reims, auteur de Quatre livres d'histoire, une œuvre fondamentale pour connaître les événements concernant les derniers rois carolingiens et les premiers temps des Capétiens et l'historien Gabriel-Jacques-Jean Monod, Hugues Capet aurait été tué par les Juifs.
("Richeri Historia", p. 308, éditions Guadet).
Par cette affirmation, il entend simplement que les médecins juifs sont la cause de sa mort.
Son corps était couvert de plaies.
11ème Siècle
Ère des Rishonim
La période des Rishonim fait suite à celle des Gueonim, directeurs des grandes académies talmudiques de Babylonie et de la terre d'Israël.
Le passage entre les ères, assez flou, se produit autour du XIème siècle.
Nissim Gaon (999-1062), Rabbenou Hananel (990-1053) et Samuel ibn Nagrela (993-1055) sont considérés comme les premiers Rishonim.
11ème siècle
Le XIème siècle voit les premières persécutions antijuives.
Les communautés juives de Rhénanie constituaient le principal centre de peuplement juif en Europe.
La communauté juive de Mayence fut décimée à 90 % lors de la première croisade et encore lors de la deuxième croisade.
1000
Le rabbin Guershom de Mayence, en Allemagne, publie une interdiction de la bigamie.
Ceci marque le début de la créativité halakhique ashkénaze (franco-allemande)
1007
Le Calife de Bagdad Al-Hakim lance une vague de persécution des chrétiens, qui conduit à la destruction de plusieurs lieux de culte, notamment à Jérusalem et Alexandrie.
Robert II le Pieux, accuse les Juifs de complicité avec les musulmans, bien qu'ils soient eux-mêmes victimes de la persécution musulmane.
Une série d'exactions contre les Juifs s'ensuit, rapportées par Glaber et Adhémar de Chabannes.
Spoliations, massacres et conversions forcées sont le lot tragique des communautés juives du Royaume.
Ces exactions sont corroborées par un chroniqueur juif anonyme, qui rapporte en outre qu''un notable Juif de Rouen, Ya’acov ben Iéqoutiel, fit le voyage de Rome pour y plaider la cause des Juifs auprès du Pape Jean XVIII, mal disposé vis-à-vis de Robert, du fait de ses frasques conjugales.
Il obtient en effet le soutien du Pape, puis de son successeur Serge IV, qui exigent que le roi de France rapporte les décrets antijuifs et fasse cesser les persécutions de Robert II le Pieux.
1010
Alduin, évêque de Limoges, offre aux Juifs de son diocèse le choix entre le baptême et l'exil.
Pendant un mois, des théologiens disputèrent avec eux mais sans grand succès, certains se sont enfuis dans d'autres villes, tandis que d'autres se sont suicidés.
En Normandie, le duc Robert 1er s’est concerté avec ses vassaux pour que tout Juif qui n'accepterait pas le baptême sur leurs terres soit éliminé, beaucoup furent mis à mort ou se suicidèrent.
Parmi les martyrs se trouvait le savant Rabbin Senior.
Jacob ben Jekuthiel, un homme riche et estimé à Rouen se rendit à Rome pour implorer la protection du pape en faveur de ses coreligionnaires. Le pontife envoya un haut dignitaire pour mettre un terme à la persécution.
19 avril 1013
Première persécution subie par les Juifs d'Espagne
En Espagne musulmane, à Cordoue, un pogrom a eu lieu.
Après la mort d'Al-Mansur, une guerre civile furieuse a éclaté.
Le chef berbère Sulayman ibn al-Hakam, cinquième calife de Cordoue, ambitieux pour gouverner, s'était uni au comte D. Sancho de Castille.
Après quoi Mohammed, son rival, envoya une députation de riches Juifs l'invoquer avec l'aide du comte D. Ramon Borrell de Barcelone, qui répondit aussitôt par une armée.
En entendant cela, Sulayman ibn al-Hakam jura de se venger des Juifs.
Le 19 avril 1013, il entra par effraction à Cordoue avec ses soldats, détruisit leurs habitations, incendié leurs entrepôts et chassa les Juifs de la ville.
Ce fut la première persécution subie par les Juifs d'Espagne.
Les familles les plus remarquées de Cordoue ont été réduites à la mendicité et contraintes à l'exil.
À Cordoue, où, en 1117, un faux Messie était apparu, il ne restait qu'une communauté juive relativement petite.
Ils furent soumis à de nouvelles persécutions de la part du fanatique Almohades, dont le chef, Abd al-Mumin, en 1148 les obligea à choisir entre l'Islam et la mort.
Beaucoup ont subi la formalité de la conversion à l'islam; tandis que beaucoup d'autres ont émigré.
La magnifique synagogue de Cordoue, érigée par Isaac ibn Shaprut, père d’Asdai, dont le rabbin était l'érudit Joseph ibn ?addi?, devint la proie d'un pillage insatiable de la part des fanatiques.
1021
Naissance du philosophe et écrivain Salomon Ibn Gabirol auteur des livres « Livre de la correction des mœurs » et le « Livre de la source de vie » et décédera en 1058 à Valence.
1028
Décès de Guershom ben Yehouda de Mayence en Allemagne, dit Rabbenou Guershom Meor Hagola « notre maître Guershom, luminaire de l’exil ».
Né à Metz, rabbin, talmudiste et décisionnaire rhénan des Xe et XIe siècles.
Prédécesseur de Rachi, il est considéré comme le père du judaïsme ashkénaze.
Il est l'auteur du premier commentaire talmudique produit en Europe.
Seule une taqana (ou takkanah) lui est nommément attribuée, il s’agit de l’interdiction de rappeler au pénitent sa faute, ce qui inclut l’interdiction de rappeler à un converti qu’il fut autrefois un non juif et à un juif converti sous la contrainte qu’il fut autrefois converti (s’il est toutefois revenu au judaïsme).
Trois autres décrets célèbres lui sont attribués, et il en fut probablement l’initiateur, mais ils furent édictés au nom des communautés de Spire, Worms et Mayence :
Il interdit la polygamie et la répudiation de l'épouse sans son consentement (le divorce unilatéral).
L’excommunication (herem) en cas de polygamie.
Cette interdiction avait deux limites : elle ne s’appliquait à l’origine que dans les zones où elle avait été édictée, et il était théoriquement possible d’y déroger avec l’accord de 100 rabbins de 3 « pays » (en fait, les 3 régions citées ci-dessus). La règle a fini par s’appliquer à toutes les communautés ashkénazes.
L’excommunication en cas de répudiation de la femme sans son accord.
L’excommunication de cas de violation du courrier privé.
Ces trois interdits sont considérés comme le ciment du judaïsme ashkénaze jusqu’à nos jours.
La France juive était si riche en savants qu'elle en donna quelques-uns à l'Allemagne, parmi lesquels Isaac ha-Levi de Vitry, qui devint directeur de l'école de Worms, et Isaac ben Juda, qui devint directeur de l'école de Mayence.
Tous deux sont devenus des enseignants de Rachi.
1031 Contexte historique
Début de règne d’Henri 1er
1058
Naissance de Moise Ibn Ezra, poète et rabbin auteur de « Traité du Jardin du sens de la métaphore et du sens propre » et décédera en 1138.
1060 Contexte historique
Début de règne de Philippe 1er
1065
Le Pape Alexandre II, écrit au vicomte de Narbonne, Béranger, et Guifred, évêque de la ville, les félicitant pour avoir empêché le massacre des Juifs dans leur district, et en leur rappelant que Dieu ne l'approuve pas l'effusion de sang.
1066
En Espagne musulmane, à Cordoue, un pogrom a eu lieu
30 décembre 1066
Décès de à Joseph Ibn Nagrena à 31 ans
Rabbin et homme d'État espagnol né vers 1031.
Fils de Samuel ibn Nagdela.
Homme très instruit et intelligent, il succède à son père Samuel ibn Nagrela, des fonctions de vizir auprès du roi berbère Badisal-Muzaffar de Grenade.
Egalement comme rabbin de la communauté de Grenade, dirigeant en même temps une importante école.
Cependant, il se révèle moins habile que son père, qui avait réussi à se maintenir au rang le plus élevé de l'État, après celui de sultan, pendant près de trente ans (de 1027 à sa mort en 1055 ou 56).
Jugé trop orgueilleux, il est en butte à l'hostilité de la population musulmane, et assassiné.
Le propagandiste de ce meurtre est Abou Ishaq qui a fait circuler des écrits incendiaires contre les juifs.
Toujours à l'instigation d’Abou Ishaq, l’assassinat de Joseph ibn Nagrela est suivi du massacre de Grenade, au cours duquel la quasi-totalité des juifs de Grenade, soit 4 000 personnes, a trouvé la mort.
Les chroniqueurs arabes racontent étrangement qu'il ne croyait ni à la foi de ses pères ni à aucune autre foi.
On peut également douter qu'il ait déclaré ouvertement que les principes de l'islam étaient absurdes.
Consacré à l'apprentissage, il a aidé de nombreux étudiants, par exemple, Isaac ben Baruch ibn Albalia, le talmudiste, et le poète Isaac ibn Ghayyat.
Les poètes arabes louent également sa libéralité.
Contrairement à son père, Joseph était fier et hautain.
Il gouvernait complétement le roi Badis, qui était presque toujours ivre, et l'entourait d'espions, qui rapportaient chaque mot du roi.
Tenant les rênes du gouvernement, il nommait ses coreligionnaires à des fonctions publiques avec une fréquence telle qu'elle attirait l'attention.
Il a également été accusé de plusieurs actes de violence.
Ces choses se sont combinées pour attirer sur lui la haine des Berbères, qui étaient la majorité au pouvoir à Grenade.
Le plus acharné de ses nombreux ennemis, Abu Is?a? d'Elvira, un poète arabe fanatique dont les espoirs d'obtenir un poste à la cour avaient été frustrés par Joseph, écrivit un poème malveillant contre lui et ses coreligionnaires.
Ce poème fit peu d'impression sur le roi, qui faisait implicitement confiance à Joseph mais il fit grand bruit parmi les Berbères.
Ils ont répandu un rapport à l'effet que Joseph avait l'intention de tuer Badis et de livrer le royaume entre les mains d'Al-Mu'ta?im d'Almeria, avec qui le roi était en guerre, alors, tuant Al-Mu'ta?im à son tour, s'emparer lui-même du trône.
Cette calomnie servit de prétexte pour déshonorer Joseph et piller les Juifs.
Le 30 décembre 1066, Joseph est assassiné par une foule furieuse et son corps exhibé publiquement sur une croix.
Les chroniqueurs arabes contemporains de l'événement le dépeignent comme un individu orgueilleux, incroyant, ayant publiquement raillé les principes de l'islam.
La foule a pris d'assaut le palais royal, où Joseph s'était réfugié au début de l'émeute, se cachant dans une houillère et s'étant noirci le visage pour se rendre méconnaissable.
Il a cependant été découvert et tué, et son corps a été pendu sur une croix.
La femme de Joseph, une fille de Rabbi Nissim ben Jacob, s'est enfuie à Lucena avec son fils Azaria, où elle était soutenue par la communauté.
Azaria est mort dans sa jeunesse.
On ne sait rien de l'œuvre littéraire de Joseph.
Note:
Une fois encore, l'histoire nous montre que le manque de connaissance est responsable du massacre de nombreux juifs.
Par jalousie et cupidité, les calomnies, ont eu raison des juifs, même si le roi n’y crut pas, probablement qu'il le connaissait mieux que le peuple.
30 décembre 1066
Massacre des juifs de Grenade
Une foule musulmane prend d'assaut le palais royal de Grenade, crucifie le vizir juif, Joseph ibn Nagrela, et massacre la plus grande partie de la population juive de la ville.
1500 familles juives, représentant environ 4 000 personnes disparaissent en un jour.
26 août 1071
La défaite de l’empereur Romain IV Diogène à Manzikert face aux Seldjoukides d’Alp Arslan confirme la domination de ces derniers sur la région, et leur mise sous tutelle du califat abbasside.
Cependant, ils ont pour rivaux les Turcomans en Anatolie, mais surtout le califat fatimide du Caire.
Si l’Empire byzantin est donc fortement affaibli, le monde musulman n'est pas pour autant uni.
La bataille de Manzikert frappe néanmoins en Occident, et est parfois évoquée comme l’un des prétextes à l’appel d’Urbain II.
1090
En Espagne musulmane, à Grenade, un pogrom a eu lieu